2ème Chapitre : Application concrète de la dite méthode

2ème Chapitre : Application concrète de la dite méthode
Le lendemain, Gilles se rendit à son rendez-vous. Il fut surpris de la découvrir sous un nouveau jour, plus ouverte avec lui et avec elle-même. Évidemment, elle avait encore un peu honte de sa propre personne, car l'assurance ne vient pas toute seule. Il faut s'y habituer et se forcer à être plus sûr de soi. Aussi, les barrières qu'elle s'imposait s'effacèrent petit à petit, au fur et à mesure que sa relation avec Gilles la rassurait. D'ailleurs, leurs liens se resserraient énormément ; Gilles l'a trouvait fabuleuse qu'il aurait presque pu tomber amoureux d'elle. « Je vais finir par être bisexuel ! Elle est incroyable ! Si cultivée et si douce ! » m'avait-il dit une fois au téléphone, après l'avoir raccompagnée chez elle.

Telle qu'il me la décrivait, je savais qu'elle était en fait comme je l'avais pressentie. Mais elle se cachait encore : elle n'avait pas encore osé venir au magasin Charmet, ce qui prouvait que le cap du changement de look mettait plus de temps que je n'aurais pensé. Pourtant je l'y attendais de pied ferme, avec beaucoup de patience.

Ce que je trouvais très amusant, c'est que Gilles l'appelait plusieurs fois pour prendre de ses nouvelles, comme un homme fou amoureux de sa femme. Tout se passait merveilleusement bien entre eux et enfin, elle se décida à venir au magasin. Elle demanda à voir Gilles, qui bien sûr était à l'entreprise et non à la boutique. Par chance, j'étais sur place. Je la reconnus tout de suite, bien que son bonheur lui eût changé l'expression du visage. Je me chargeai d'elle sur le champ.

« Lucie ? C'est donc vous ! Gilles m'a tellement parlé de vous ! »

Elle se retourna vers moi, surprise.

« Vous êtes sa meilleure amie, c'est cela ?
– Oui et sa patronne. »

Je baissai d'un ton.

« En tant que proche de Gilles, si vous voulez, je me ferais un plaisir de vous faire quelques réductions sur mes collections.
– Oh ! C'est très gentil... J'admire beaucoup votre travail, vous savez.
– Merci... ! Pardonnez-moi de vous faire attendre, je vais prévenir Gilles. Regardez donc s'il y a quelque chose qui vous plaît pendant ce temps. »

C'est ce qu'elle fit. Évidemment, sa tête changea quand elle vit le prix derrière l'étiquette. Mais j'avais bien prévu le coup. Je téléphonai à Gille pour qu'il rapplique rapidement.

« Elle est là ?
– Oui, elle regarde les robes.
– J'arrive tout de suite ! »

Dix minutes plus tard, il était là. Il passa par l'entrée réservée au personnel et me rejoignit dans les bureaux du magasin. Nous nous dirigeâmes ensemble vers elle, pourtant, je retins Gilles.

« Compte jusqu'à 100. Ensuite tu pourras venir. J'ai une chose à lui dire. »

Je retournai jusqu'à elle.

« Gilles arrive bientôt. Oh ! L'Ensoleillée Bourgeoise vous intéresse ? Je pense qu'elle vous irait à ravir ! Vous ne voulez pas la prendre ? Vous seriez ravissante comme cela pour sortir avec Gilles.
– Oh... Oui, elle est très belle, mais malheureusement elle n'est pas trop dans mes moyens...
– Voyons, il fallait me le dire plus tôt ! »

Je sortis de ma poche une étiquette « -50% » et la signai.

« Voilà qui fera l'affaire ! Mais vous ne souhaitez pas l'essayer ? Oh, chut ! Gilles vient par là ! Il faudrait lui faire la surprise ! »

Je lui fis un clin d'½il et nous accueillîmes Gilles à son arrivée. Il la prit dans ses bras et je les laissai seuls un instant. Il était chargé de lui dire qu'il avait trop de travail pour le moment et qu'il ne pouvait pas rester avec elle cet après-midi. Bien sûr, pour se rattraper, il ajouta qu'ils se verraient de toute façon le lendemain et qu'il lui promettait aussi de l'appeler dans la soirée. Je devais prendre le relais derrière et m'occuper d'elle. Alors, lorsqu'il s'éloigna, j'avançai vers elle avant qu'elle ne m'échappe.

« Alors ? Toujours d'accord pour la robe ? »

Séduite par la beauté de la robe, elle l'essaya sur mon conseil. Naturellement, elle lui alla à merveille. Sans même lui demander son accord, je l'emmenai au salon de coiffure et lui fit faire de belles boucles accrochées par de jolis petits bijoux, ainsi qu'un maquillage léger qui mettait en valeur ses yeux. Je prenais soin de toujours lui demander si ça lui plaisait et si je sentais qu'elle disait simplement oui par gentillesse, je recommençai, tant et si bien qu'elle m'avoua complètement le fond de sa pensée. La véritable personne qui se cachait au fond d'elle se dévoila finalement. Comme dans les films, elle avait l'air d'une princesse au beau milieu d'un rêve...

Je fus très fière de mon travail et encore plus de la voir aussi heureuse d'elle-même. Elle n'était visiblement pas encore capable de s'émanciper du regard des autres, mais la découverte de sa propre beauté l'avait bouleversée et avait également provoqué de grands progrès dans son esprit. Avant de partir du magasin, elle me remercia mille fois, un sourire rayonnant sur le visage et les bras chargés de paquets.

Lorsque Gilles débarqua à l'improviste le soir même chez elle, il fut agréablement estomaqué par la transformation de Lucie. Dès qu'il sortit pour rentrer chez lui, il s'empressa de m'appeler pour me féliciter :

« Vous avez fait des merveilles, Madame Scarlett. Que Dieu vous bénisse ! »

# Enviado em Sexta 17 Março 2006 11:38

Modificado em Segunda 16 Julho 2007 08:14

2ème Chapitre : Les Charmets d'élite

2ème Chapitre : Les Charmets d'élite
L'opération fonctionna alors parfaitement, car Lucie revint plus souvent au magasin. Et au fur et à mesure des transformations qui se produisaient en elle, elle devenait plus sociable et s'entourait de davantage d'amies qui finirent par l'accompagner chez moi et acheter des tenues sur mes conseils. Le moment était venu d'augmenter mon système à une plus grande échelle. Je fis part de mes intentions à Gilles, en lui précisant que je ne voulais pas qu'il y ait trop de « Missionnaires », pour pouvoir gérer plus facilement chaque cas : il était totalement d'accord avec moi.

« Madame Scarlett, il y a une chose qui m'échappe : comment comptez-vous développer le système jusqu'à ce qu'il devienne vraiment rentable ? Parce qu'une relation prend du temps à se construire d'une part ; je suis avec Lucie depuis déjà deux mois. Il y a eu beaucoup d'amélioration, mais pour combien de temps encore devrais-je m'occuper de son cas ?
– Tu as raison de t'en soucier. Justement j'y pensais ! Mais je pense que ce ne sera pas très difficile. D'après ce que tu m'as dit, maintenant, votre relation est différente : je me souviens qu'au début, elle avait tout le temps besoin de toi...
– Il est clair que maintenant elle est beaucoup plus indépendante. Elle a reporté plusieurs fois nos rendez-vous, parce qu'elle avait des soirées entre copines !
– C'est parfait, c'est exactement ce que nous voulions !
– Oui, mais ce n'est pas parce qu'elle a beaucoup changé que nous allons nous séparer pour que je commence une nouvelle Mission...
– Je croyais que tu l'adorais ?
– Oui, je l'adore ! C'est vrai ! Mais je veux que notre relation « amoureuse » s'arrête : nous sommes amis maintenant, plus amants...
– Dans ce cas, il faut que tu insistes sans le « faire exprès » sur ce fait. À mon avis, elle te dira au revoir avant que tu n'aies besoin de le faire. Ou alors si cela dure trop longtemps, avoue-lui que tu penses être homosexuel. Mais sincèrement, je pense qu'elle va le faire d'elle-même, d'ici peu de temps. »

En attendant que leur liaison se dénoue, une sélection de mannequins masculins eut lieu. Mes préférés furent testés par Gilles, pour savoir s'ils seraient à la hauteur des missions que je pourrais leur confier. La plupart étaient dévoués et sympathiques, même si quelques-uns furent immédiatement rayés de la liste. En tout et pour tout, j'en choisis neuf, parmi les mannequins les plus anciens dans l'entreprise. Je craignais que les novices soient moins fidèles et moins efficaces. Ensuite, pour être sûre de ne faire aucune erreur en les assignant à ce nouveau travail, je m'appliquai à les connaître davantage. Je leur accordai plus de temps et ils étaient tous très contents de me voir s'intéresser à eux. Ils faisaient tout pour me combler. Il ne me fut ainsi pas très difficile de détecter leurs qualités et leurs défauts. Or, en plus de mon statut de patronne, ils m'attribuèrent rapidement celui d'amie : plusieurs d'entre eux m'invitèrent même à aller en soirée avec eux. Ils savaient qu'un salaire très intéressant était en jeu, mais ils n'en étaient pas pour autant cupides. Au contraire, certains montrèrent vraiment leurs valeurs en me prouvant que ce n'était pas l'argent qui les intéressait, mais la nouveauté et la condition privilégiée qu'ils auraient avec moi. C'est à ce moment-là que je choisis de leur avouer mon projet et le rôle qu'ils auraient à jouer en acceptant ma proposition. Je leur laissai une semaine pour réfléchir.

Pendant ce temps, comme je l'avais prédit, après deux semaines et demie, Gilles et Lucie rompirent et ce, selon le propre v½u de Lucie, sans même que Gilles ne lui avouât son homosexualité. Ils restèrent très bons amis et surtout, elle continua à venir régulièrement à la boutique. Les débuts de la Méthode avaient donc vraiment marché. J'étais toute excitée et je n'attendais qu'une chose : la réponse de mes futurs Missionnaires !

Vous vous en doutez sûrement : ils étaient tous pour le développement de mon système et souhaitaient en faire partie coûte que coûte. Pour eux, ma Méthode était une solution révolutionnaire capable de changer le monde. Être les facteurs de ce changement ne faisait que les rendre plus enthousiastes ! Je leur expliquai immédiatement les circonstances auxquelles ils allaient se confronter et la manière dont ils allaient procéder pour rendre la Méthode possible. Leur formation prit un certain temps ; Gilles repéra et séduit une nouvelle Mission spécialement pour leur enseigner chaque étape du processus, pour leur montrer combien ce travail demandait de délicatesse et de talent. Tous comprirent à quel point la discrétion était nécessaire pour réussir. Mais ils ne surent pas tous appliquer immédiatement leurs connaissances. Les premiers essais furent des échecs : il y eut même plusieurs femmes qui les fuirent ! L'expérience la plus drôle fut celle où Antoine tenta de séduire une jeune femme entourée de chats et de chiens : en voulant prendre sa main, il attrapa malencontreusement la queue de l'un des chats, qui le griffa aussitôt. La réaction du félin le fit tant sursauter qu'il trébucha sur le chien à ses pieds. Dérangé dans son sommeil, celui-ci bondit sur Ant' et lui mordit les fesses jusqu'à l'autre bout du parc. Ce petit incident eut cependant l'aspect positif de plaire à la jeune femme ; elle accepta le rendez-vous qu'Antoine lui avait proposé et il obtint ainsi sa première Mission !

Je les appelai peu de temps après les « Charmets d'élite », à cause d'un petit jeu de mot de Sam lors d'une de nos réunions spéciales. Ces rassemblements visaient à faire le point sur les missions et ensuite, à converser sur les rapports entre hommes et femmes, les évolutions qu'ils avaient constatées, les améliorations possibles. Ils s'impliquaient totalement dans leurs activités et y prenaient du plaisir. Gilles était évidemment le numéro 1 d'entre eux, mais je les adorai tous. Je cherchai des missions appropriées à chacun et ils s'y frottaient avec beaucoup d'excitation. Ils se dévouaient très religieusement aux missions que je leur attribuais et comprirent alors que leur nouveau travail exigeait beaucoup d'investissement. Et surtout, qu'ils ne pouvaient pas avoir de petite copine, car ils étaient employés à plein temps et que cela ne pouvait que compliquer les choses. Ils se débrouillèrent très bien et marquèrent leur territoire. Tous le faisaient aussi parce qu'ils me vouaient une admiration sans limites. Leur salaire, bien supérieur à celui d'un simple mannequin, renforça leur dévouement.

Mais ce dont ils étaient particulièrement fiers, c'était de faire valoir leur potentiel de séduction. Chacun le faisait à sa manière, avait sa propre technique et ses propres astuces. Au nombre de dix, puisque Gilles continuait à faire partie de l'équipe, ils s'entendaient tous et ne manquaient pas une occasion de s'aider les uns et les autres. Ce qui m'amusait beaucoup, c'est que, hormis Gilles, les initiales des prénoms des neuf autres formaient « Scarlett C. » : Samuel, Charlie, Antoine, Romualdo, Laury, Eduardo, Tristan, Terence et Constantin. Tous exceptionnels et différents les uns des autres... Ils avaient entre 18 et 27 ans pour correspondre à toutes sortes de profil. Leurs caractéristiques et toutes sortes d'informations les concernant étaient rangées soigneusement dans des dossiers à leur nom. En bref, on trouvait dans ces fichiers :

- Samuel, français, brun aux yeux verts, assez grand et pâle, maigre mais musclé, surnommé Sam et surtout « la Tête Chercheuse » ; ne se lasse pas de trouver des jeunes filles en détresse pour mon service.

- Charlie, américain, blond aux yeux bleus, porte des strings, surnommé Charlot et plus particulièrement « Doux C½ur » ; le plus charmeur de ces messieurs, il fait tomber toutes les filles dès qu'il se met à leur parler.

- Antoine, français d'origine hongroise, cheveux châtain clair avec yeux marron, mais change continuellement de couleur avec teintures et lentilles colorées, tient à son aspect physique, surnommé Ant' ou « Fashioner » ; est toujours dans le courant de la mode, c'est celui qui conseille le plus ses clientes et moi-même bien sûr !

- Romualdo, italien, demi-frère d'Eduardo, cheveux noirs mi-longs aux yeux noirs, aime beaucoup danser et s'occuper de sa coiffure, surnommé Roméo ou « Gypsy » ; c'est le sauvageon de la bande et le plus sensuel.

- Laury, anglais, blond aux yeux marron, très smart, élégant, noble, ne peut sortir sans ses clés fétiches qui sont entourées par un porte-clé « vive la Reine ! », surnommé Mr. March ou « le Classique » ; sort toujours le grand jeu mais le fait parfaitement, sans aucune bévue et c'est tout ce que je lui demande.

- Eduardo, italien comme son demi-frère mais aussi grec de sa mère, brun aux yeux bleus, du genre marin, sérieux et paraît presque timide, surnommé Eddy ou « la Bête » ; c'est le plus fougueux sur le terrain et celui qui parvient à ses fins le plus rapidement.

- Tristan, irlandais, roux bien évidemment mais dans une nuance assez foncée, aux yeux verts, aime la musique notamment irlandaise et joue de la cornemuse, surnommé l'Irish ou « T1 » ; c'est l'intellectuel du groupe et le plus romantique, c'est celui qui console toutes les femmes, son nom lui va comme un gant !

- Terence, congolais, brun aux yeux noirs, très sportif, adore aller à l'église et écouter du gospel, surnommé Teddy ou « T2 » ; c'est le protecteur des femmes innocentes ; il est aussi très doux et respectueux, sa dévotion pour la religion épate toujours les femmes en quête de recherche spirituelle.

- Constantin, allemand, blond aux yeux verts, profite pleinement de la vie sans trop se dégrader, c'est-à-dire ne revient qu'un jour sur sept complètement ivre, surnommé Santa ou « Père Noël » ; c'est celui qui trouve et sauve les femmes des causes perdues.

Chacun avait sa personnalité, son style, sa manière de vivre et ce que j'appréciais particulièrement pour un homme, ils étaient intelligents, surtout pour comprendre qu'il n'y avait pas que leur pénis qui comptait, ou l'argent. C'est aussi pour tout cela qu'ils avaient autant de succès et que je les avais choisis. Lorsque j'habillai l'un d'eux, il ne pouvait s'empêcher de faire de l'humour et de plaire à toutes les femmes alentour. Bref, il n'était pas étonnant qu'ils me rapportent beaucoup ! Or, grâce à eux, les chiffres d'affaires augmentèrent à une vitesse phénoménale. Bientôt, l'entreprise Charmet dépassa toutes les autres. Quelques temps plus tard, Sophie vint me voir, jalouse de mon étonnant succès. Elle était persuadée que j'avais fait un pacte avec le diable ou usé de man½uvres malhonnêtes pour être arrivée à la première place.

« Une si jeune débutante déjà première ! Je n'y crois pas. Tu sais, Scarlett... On découvrira bien un jour comment tu t'y prends pour tricher et lorsqu'on te mettra à nu, tu n'auras que tes yeux pour pleurer.
– Encore faudrait-il pouvoir m'accuser. Et je doute que tu trouves quoi que ce soit avant longtemps. »

# Enviado em Sábado 18 Março 2006 09:02

Modificado em Terça 10 Julho 2007 14:00

2ème Chapitre : La soirée de ma gloire

2ème Chapitre : La soirée de ma gloire
Les statistiques elles-mêmes prouvèrent que les femmes préféraient désormais acheter dans une boutique Charmet, plutôt que dans les friperies bon marché qu'elles fréquentaient auparavant. Mon triomphe était total. Tout prouvait ma réussite, sans qu'on sache réellement pourquoi la marque Charmet plaisait autant. J'attirais encore plus de journalistes qu'à mes débuts. Toute cette prospérité créait des effusions à n'en plus finir. J'intriguai tellement les gens que je faisais presque peur. Cela n'empêcha pas le maire de la ville de m'inviter à une grande soirée mondaine avec la plus grande partie de la Jet Set parisienne, ainsi que du monde entier. On avait décidé pour l'occasion d'honorer mon exploit. Il était également prévu que Sophie soit là, pour mon plus grand plaisir : l'heure de la victoire sonnait de tout son glas !

Les semaines passèrent l'expérience de mes Charmets s'intensifiaient et les femmes qui venaient dans mes magasins me parurent plus heureuses : je les sentais sereines et maîtresses d'elles-mêmes. Cela me procurait un bien fou de savoir que d'un côté, leur bonheur venait de moi. Bien sûr, tout allait bien du moment que je restais la meilleure ; après tout, mon travail méritait récompense... !

Or, le jour de la soirée arriva à grands pas. L'échéance me faisait pourtant peur ; je n'arrivais pas à concilier mes sentiments : d'un côté, j'étais fière, même orgueilleuse ! Et d'un autre, je n'avais jamais autant eu peur de ma vie. J'avais l'impression de n'être pas assez prête pour assumer une telle charge. Bien sûr, j'avais remué ciel et terre pour que tout soit parfait malgré ma crainte : j'avais fait ma plus belle robe et acheté de magnifiques bijoux commandés chez Cartier. Ma coiffeuse personnelle passa d'ailleurs plus de trois heures à s'occuper de ma chevelure avec le fer à friser et la maquilleuse près d'une heure. Ce qui comptait, c'est que j'ai l'air d'une reine ; et ce fut réellement le cas...


Je fis mon entrée en scène à 20h pétante, en montant l'escalier gracieusement et en saluant la foule qui entourait l'hôtel où avait lieu la soirée. Je déployai immédiatement tous mes charmes comme un paon faisant la roue, jouant particulièrement de mes yeux de chat. Tout le monde s'empressa de venir jusqu'à moi pour me saluer et fit preuve de beaucoup de respect à mon égard. J'eus droit à de nombreux éloges sur la composition de ma robe, ainsi que sur ma beauté.

Avant que la moitié de la soirée ne soit passée, j'avais rencontré et discuté avec presque tous les invités. Je n'avais aperçu Sophie qu'un instant ; or, elle m'avait ignorée et fuie comme si j'étais la peste ! Et justement, lorsqu'un ancien maréchal de l'armée vint me féliciter et se présenter avec sa femme, j'entrevis Sophie à nouveau. Elle me lança un regard haineux avant de disparaître dans la foule. C'est comme cela que je remarquai un peu plus loin un homme que je ne connaissais pas et qui captiva mon attention : d'une carrure imposante, il était élégant et très séduisant, d'après ce que j'avais pu en distinguer. Je ne sais pourquoi, je voulus immédiatement lui plaire. Je n'avais pas ressenti une attirance aussi forte pour un homme depuis bien longtemps et je fus très surprise par moi-même, d'autant plus que je l'avais à peine vu. J'essayai pendant le reste de la soirée de le pourchasser, mais je n'arrivai pas à le retrouver. On annonça bientôt la remise des prix d'honneur. Cela signalait la fin de la soirée... J'étais donc très déçue de ne pas avoir découvert l'identité de mon mystérieux gentleman. Cependant, je fus appelée sur l'esplanade pour qu'on me remette un prix. On me demanda ensuite de faire un discours. Or, comme je me tenais en face du public, je pus enfin le repérer de nouveau.

Je ne m'étais vraiment pas trompé sur une chose : il était vraiment très beau ! Des cheveux noirs, la peau légèrement basanée comme un pirate, des yeux incroyablement bleus, une petite moustache bien dessinée, ... J'eus juste le temps de le surprendre en compagnie de Sophie. Cela signifiait qu'elle le connaissait... Et ça, ça ne me plaisait pas beaucoup !

# Enviado em Sábado 18 Março 2006 09:14

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:39

2ème Chapitre : Olivier Richard

2ème Chapitre : Olivier Richard
Cependant, je me dirigeai le plus possible vers eux. Je notai qu'ils avaient l'air de se fréquenter souvent d'après leur attitude l'un envers l'autre. Je fis mine de discuter avec un des députés présents qui étaient juste derrière eux quand Sophie vint me parler, accompagnée par son charmant partenaire.

« Oh, Scarlett ! Ta robe est... Comment dire ?... Très originale ? Oui, c'est le mot, je pense. Tant mieux pour toi si ce genre plaît beaucoup. Je tenais tout de même à venir te féliciter, même si nos entreprises rivalisent. Que veux-tu ? Les affaires sont les affaires, comme on dit.
– Merci de ton attention... Excuse-moi, tu veux quelque chose à boire ? J'ai une soif folle alors, si je m'éclipse pour me chercher quelque chose, autant t'en faire profiter, non ?
– Oui, s'il te plaît : un Martini double, ... Si ça ne te dérange pas, bien sûr. Merci.»

Je lançai un regard charmeur à son ami qui se tenait muet derrière elle.

« Et vous ?
– Rien, merci bien. »

J'allai jusqu'au buffet et demandai ma petite commande pour revenir avec deux verres à la main. Je tendis le sien à Sophie.

« À la réussite ! Tchin ! lança-t-elle.
– Qui est mienne pour le moment, ajoutai-je. Mais je dis bien pour le moment, car qui sait ? Peut-être, un jour, tu me dépasseras enfin ! En attendant, je te souhaite une vie formidable !
– C'est gentil... » Fit-elle entre ses dents serrées.

À cet instant, mon portable sonna et je m'excusai rapidement avant de m'éloigner à nouveau. Un prétexte facile pour m'écarter de Sophie et, à mon avis, elle en était parfaitement consciente, mais ne cherchait pas le moins du monde à me retenir auprès d'elle. Depuis le temps qu'elle essayait (en vain !) de m'arracher les secrets de mon succès, elle s'était peut-être résignée. Pourtant, le goût amer du regret me restait dans la bouche ; je n'avais pas pu satisfaire assez ma curiosité. Mes pensées étaient constamment tournées vers une seule chose : ce bel homme qui accompagnait Sophie et que je convoitai jalousement.

En raccrochant mon portable, un homme vint jusqu'à moi et me proposa de danser avec lui, me perturbant de ma rêverie. Je lui lançai d'abord un regard noir, puis m'adoucis, le priant de me pardonner de devoir refuser à cause d'un malaise. Il s'inclina gentiment et retourna au sein de la foule joyeuse.

Je m'éloignai sur le balcon, d'où nous avions une vue imprenable de Paris et de la Seine, si belle au clair de lune. Une petite brise nocturne souffla, me faisant doucement frissonner.

« Ne prenez surtout pas froid. » M'avertit une voix grave et chaleureuse dans mon dos.

Je me retournai et me trouvai nez à nez avec le compagnon de Sophie. Il me fixait de ses grands yeux bleus. Ses yeux me rappelaient vaguement quelque chose... Un souvenir enfoui très profondément...

« Vous permettez ? »

Il enleva sa veste de ses épaules et entoura les miennes avec. Sa main effleura ma peau. Je frissonnai et évitai son regard.

« Je ne supporte pas de voir une femme aussi jolie que vous se rendre malade ! Oh, c'est vrai ! Je vous demande pardon pour mon impolitesse... Il me semble que des présentations s'imposent, car même si je sais parfaitement qui vous êtes, je crois que ce n'est pas réciproque. »

Je lui adressai un sourire discret, mais charmant.

« Olivier Richard. » Dit-il sans attendre ma réponse.

Il me tendit sa main, que je serrai. Cette main qui m'avait touchée d'une manière si étrange... Ou était-ce moi qui avais de drôles d'impressions ?

« Scarlett Charmet. Enchantée.
– Oui, ... Probablement la plus grande séductrice de tout Paris, si ce n'est pas davantage, d'après ce qu'on raconte ! Et j'aurais tendance à dire que ce n'est pas faux...
– Voilà qui est franc ! m'exclamai-je d'un ton légèrement indigné.
– Votre réputation vous a précédé, mais ne sont-ce que des rumeurs ? »

Il se rapprocha, se collant presque à moi. J'eus envie de reculer, mais me sentis aussitôt honteuse. J'osai baisser la tête et jouer ma timide devant lui alors que j'étais la grande et redoutable Scarlett ? Ah ça non, il était hors de question que je me laisse faire !

« Ma foi... Je ne vois pas en quoi cela vous regarde ! répliquai-je avec dédain.
– Très bien ! Si vous ne voulez pas parler...
– Non, je ne veux pas, l'interrompis-je. D'ailleurs, vous m'êtes parfaitement inconnu, alors dites-moi pourquoi devrais-je vous expliquer la raison de tant de rumeurs à mon sujet ?
– Inconnu ? C'est facilement remédiable, vous savez ! Je fais 1m85 et pèse 85 kilos, de muscle bien sûr. Le 26 Août prochain, j'aurais 30 ans. Hum... Ah oui ! J'adore Madonna, les Beatles et Marvin Gaye. Danser aussi, particulièrement la salsa et le tango ! J'ai une petite s½ur de 28 ans mariée, d'ailleurs, mes parents le sont, eux, depuis plus de 35 ans et si vous mettez votre main sur ma poitrine, vous sentirez à quel point mon c½ur bat... »

Il avait coupé net la fin de sa phrase comme s'il eut été à bout de souffle ou qu'il eut voulu effacer ce qu'il venait de dire. Pourtant, son hésitation soudaine s'évanouit vite et son visage reprit toute son assurance.

« Alors maintenant, pouvez-vous toujours autant dire que je suis un inconnu pour vous ? demanda-t-il avec une pointe de cynisme dans la voix. »

J'étais assez abasourdie et au début, je restai sans rien dire, mes sourcils pourtant froncés. Puis je me repris, plus arrogante et plus charmeuse que jamais. Je m'approchai encore plus près de lui et tirai sur sa cravate, remontant les doigts petit à petit vers son visage, au fur et à mesure de mes mots.

« Pour moi, quelqu'un qui ne m'est pas inconnu est quelqu'un dont je peux presque lire les pensées. Il est vrai que dans ce cas, je vous connais sur certains points, mais pas sur tout. Ce que je sais me convient suffisamment. Vous savez, je sais lire dans le jeu de séduction d'un homme toutes ses intentions envers moi. Et je vois clair dans le vôtre : vous êtes là pour me séduire non pas pour votre plaisir, mais pour parvenir aux fins de quelqu'un d'autre. Si Sophie vous envoie pour déceler une faille chez moi, découvrir un secret pour couler mon entreprise, ça n'est pas la peine de m'embobiner avec vos grands mots et vos flatteries : vous n'arriveriez à rien, puisqu'il n'y a rien. C'est bien dommage, mais vous perdez votre temps !
– Je crois que vous allez un peu trop vite ma chère. Je ne cherchais qu'à faire connaissance. Il est vrai que je vous trouve très séduisante, je ne le nie pas, néanmoins, vous venez de me prouver que vous êtes insolente et ça, ça ne me plaît pas du tout. J'ai l'impression que ma compagnie ne vous est pas très agréable. Excusez-moi, mais je préfère me retirer... Gardez mon manteau, j'en ai encore mille comme celui-ci ! »

Je ne sourcillai pas, mais me sentis vaincue. Je craignis un instant d'avoir cru l'attirer, parce que lui m'attirait beaucoup. Pourtant, j'étais persuadée qu'il avait tenté de me charmer ! Je jetais un coup d'½il sur son manteau et j'aperçus alors l'étiquette « S. Charmet »

# Enviado em Domingo 19 Março 2006 14:24

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:31

2ème Chapitre : Déroulement d'une mission

2ème Chapitre : Déroulement d'une mission
Après cette soirée, les jours filèrent comme le vent. Tout se passait bien, j'étais ravie de tous mes employés et surtout de mes Charmets et de Gilles. J'assistai une fois à une opération directe de Romualdo, dont la « mission » avait été gentiment repérée par Sam. Il m'avait emmené avec lui jusqu'au magasin préféré de la dite jeune femme et j'étais restée derrière pour surveiller ce qui se passait. Il sortit d'un petit coin une superbe photo d'un vieux film. Je consultai ma liste et vis « Film préféré : La Comtesse aux pieds nus ». Je reconnus alors le visage d'Ava Gardner et d'Humphrey Bogart sur l'image que Romualdo avait trouvée.

La jeune femme remarqua rapidement l'objet précieux qu'il avait dans les mains.

« Vous... Vous allez l'acheter ? demanda-t-elle naïvement. »
Romualdo se tourna vers elle comme frapper d'un grand coup sur la tête et la regarda comme si un extra-terrestre venait de lui parler.
« Pardon ?
– Comptez-vous acheter cette carte postale ? Parce que si c'est le cas, je me propose de vous l'acheter beaucoup plus cher que ce que vous aurez payé ici... intervins-je.
– Mais je lui ai demandé en première ! gémit-elle. »

J'éclatai de rire tandis que Romualdo feignit d'être embarrassé.

« Non... Je n'avais pas l'intention de l'acheter, mais...
– Alors donnez-la moi, s'il vous plaît ! lui dis-je catégoriquement. »

Il regarda la jeune femme et parut ébloui à sa vue.

« Non... ! Je... »

Il se dirigea vers le comptoir, paya la carte postale et revint vers nous. Il prit la demoiselle par la main et par la taille pour l'emmener à l'extérieur du magasin, m'ignorant tout à fait. Je les suivais, comme indignée par leur attitude.

Il se mit à genoux devant sa belle et lui offrit la carte.

« Vous lui donnez ? Alors qu'elle ne vous a rien payé ? m'écriai-je, furieuse.
– Non ! Parce que cette femme vaut bien plus qu'une carte ou que l'argent d'une prétentieuse comme vous !
– Oh ! »

Je m'éloignai en marmonnant et arrivée à l'angle de la rue, j'éclatai de rire, faisant sursauter du même coup les passants près de moi.

Je me retournai et aperçu Romualdo faire son tour habituel de la rose sortie de nulle part. Elle lui sourit et il la souleva de terre, l'emporta dans ses bras comme une mariée et disparut dans un café un peu plus loin.

Ce petit « sketch » est le meilleur souvenir que j'ai de mes Charmets et de notre complicité. Romualdo était mon préféré, à part Gilles, il me faut bien l'avouer, et cela peut-être parce qu'il ne s'était pas empêché de m'inviter à danser alors que j'étais son boss ; or, c'est un excellent danseur, du genre avec lequel il faut au moins danser une fois dans sa vie. Notre danse n'avait donc que plus d'estime à mes yeux et lui aussi !

# Enviado em Domingo 19 Março 2006 14:32

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:39