3ème Chapitre : Une demoiselle pas comme les autres...

3ème Chapitre : Une demoiselle pas comme les autres...
Néanmoins, avec l'hiver qui arriva, mon moral diminua : je ne me sentais plus autant profiter. Le succès ne suffisait pas. Je ne le partageais pas vraiment, car mes Charmets et Gilles étaient concernés professionnellement, pas personnellement. Ils n'étaient pas toujours là. Ils avaient eux aussi, une vie privée, malgré le fait que leur travail empiétait dessus. Lorsque je rentrais chez moi, je n'avais plus personne. Ma famille était loin et Martine trop occupée par son bébé et son mari. Il n'y avait que mon travail pour remplir ma vie. C'est là que j'eus peur de retourner à mon appartement par crainte d'être seule.

Pour éviter de déprimer et tenter d'oublier que je n'étais pas si sensationnelle que ça, je sortais tous les soirs au restaurant, en boîte, je buvais beaucoup trop et je fréquentais des hommes qui ne m'intéressaient pas le moins du monde. En fin de compte, je ne trouvais rien de bien pour me distraire vraiment. Décidée à me ressaisir, je retournai donc à la source de mon travail : je me mis à chercher de nouveau des jeunes femmes ou jeunes filles en détresse, tâche que j'avais surtout confié à Samuel et que je complétai seulement de temps à autre.

C'est comme ça que je rencontrai Lena.

Je me promenai dans Paris un jour de décembre et à 17h, tous les élèves du lycée d'à côté se ruèrent dans la rue. J'ai bien failli être écrasée par cette bande de sauvages ! Souhaitant m'échapper de cette cohue, je me dirigeais vers l'arrêt de bus situé trois rue plus loin. Je remarquai ainsi une jeune fille perdue et seule, petite brunette aux yeux bleus. Elle marchait d'une manière déterminée devant elle, même si elle regardait essentiellement ses chaussures. Son obstination m'amusa. Mais je savais qu'il lui manquait quelque chose, alors qu'elle aurait dû pétiller de vie. On pouvait deviner dans sa simple démarche toute l'intelligence qui l'habitait. Ma mélancolie s'évanouit pour laisser place à ma réjouissance. J'étais enchantée avant même d'avoir fait sa connaissance ! Alors, comme Lucie des mois plus tôt, je la suivis, l'observai et l'épiai jusqu'à chez elle.

« Mademoiselle Tribaldi... Italienne donc... »

Je m'assis sur un banc devant l'immeuble. C'était un quartier sympa, que je ne connaissais pas bien.

Tout à coup, je la vis sortir de chez elle avec un petit sac à la main. Je la filai encore, essayant d'être prudente pour ne pas me faire repérer, mais elle se retournait souvent vers moi. Je fis mine de rien et me dirigeai vers la boulangerie. Manque de bol, ce qui aurait dû être une diversion ne fonctionna pas, car elle s'y rendait aussi. Je me hâtai pour lui passer devant. J'entrai alors dans la boutique et commandai un pain au chocolat. Dans la queue derrière moi, je l'entendis soupirer lorsque je fis ma demande. Je pris la viennoiserie dès qu'on me la tendit et la mordis à pleines dents avec satisfaction. Je sortis lentement pour lui laisser le temps de me devancer. Or, elle parvint bientôt à ma hauteur et augmenta son pas pour me semer. Faire la course n'était pas très simple avec des talons hauts, mais je me débrouillai bien et la rattrapai sans avoir à courir. Brusquement, elle se retourna vers moi et me fixa d'un air haineux. Sans faire attention à elle, je continuai ma route comme si de rien n'était.

« Qu'est-ce que vous me voulez ?! »

Je sursautai, mais ne me retournai pas.

« C'est à vous que je parle ! Vous m'avez très bien entendue. »

Je pivotai alors élégamment sur moi-même et la provoquai du regard.

« Pardon ?
– Vous me pistez depuis la sortie du lycée, alors je vous demande ce que vous me voulez.
– Je ne crois pourtant pas vous avoir remarquée auparavant.
– Et pourtant je suis certaine que vous me suiviez. Faites donc attention maintenant... menaça-t-elle, me lançant un regard noir.
– Ma petite demoiselle, il ne faut pas être parano. Allez donc voir un psy...
– Je vais très bien, merci !
– C'est ce qu'ils disaient tous... »

Je m'éloignai vers le petit parc, m'assis à nouveau sur le banc et appelai Gilles pour qu'un chauffeur vienne me chercher. Je pris ensuite le petit calepin de ma poche et griffonnai « Forte tête, loin d'être née de la dernière pluie... ».

# Enviado em Segunda 20 Março 2006 01:01

Modificado em Segunda 16 Julho 2007 08:14

3ème Chapitre : Appâter la demoiselle Tribaldi

3ème Chapitre : Appâter la demoiselle Tribaldi
Je n'arrivai pas à chasser cette demoiselle Tribaldi de mon esprit et pendant quelques jours, je me demandai vraiment si je faisais bien d'en faire une de mes « patientes » ; elle me rappelait tellement moi ! Et je n'aurais jamais accepté d'être « aidée » ainsi.

Je confiai au bout du compte le dossier de la demoiselle Tribaldi à mon cher Laury. Il avait une affaire en cours, mais il pouvait l'écourter facilement en devenant odieux : la jeune femme dont il s'occupait était assez susceptible. Il chercha pendant ce temps de nouvelles informations sur la jeune fille et c'est ainsi que j'appris qu'elle s'appelait Lena, fille de Rosario et Lisbeth Tribaldi, bientôt 16 ans et deux années scolaires d'avance. Les 22 ans de Laury ne faisaient pas peur aux toutes jeunes filles, tant il avait une bouille d'ange. Ainsi, une semaine plus tard, il se rendit à sa rencontre, fier de remplir une mission confiée par moi-même. Elle allait tous les samedis dans un petit bar où elle aimait jouer au billard. Bien sûr, je conseillai Laury « d'attaquer » à ce moment en engageant une partie avec elle et à tenir la conversation jusqu'à une certaine pointe de charme. C'est exactement ce qu'il fit et en une journée, il se fit une bonne amie. En écoutant la cassette de leur conversation, j'étais étonnée par la façon de pensée de Lena. Elle me semblait si précoce et pourtant si mal dans sa peau. Je demandai à Laury de la suivre un peu plus. Il allait la voir à la sortie du lycée et lui proposait toujours de la remmener en voiture, ce qu'aurait accepté n'importe quelle fille de son âge lorsqu'elle s'entend bien avec un aussi beau garçon. Mais pas elle, parce qu'elle était différente. Je ne la vis pas une fois et pourtant, lorsque j'entendais sa voix, je savais exactement la manière dont elle l'avait dite. Elle ne se mettait peut-être pas très en valeur, mais elle avait beaucoup de charme.

Un jour, elle finit plus tôt sa journée et voulut retrouver Laury qui était au magasin avec moi. Elle se présenta à l'accueil pour le demander et ma secrétaire vint le prévenir.

« Mademoiselle Tribaldi souhaiterait vous voir, Monsieur Laury.
– Vous vous occupez d'elle, patronne ? fit-il malicieusement.
– Pardon, Laury ? »

J'avais complètement oublié la raison pour laquelle je faisais ça : le profit de mon entreprise. Je me ressaisis et me dirigeai tout droit vers elle. Je lui passai devant pour aller dans un rayon en face.

« Encore vous ? »

Je me retournai, feignant d'être surprise.

« Ah ! La jeune fille que j'ai harcelée ! Je ne vous aurais pas reconnue, si vous n'aviez rien dit. Mais ? Que faites-vous là ? Vous cherchez une tenue spéciale ?
– Je pense que la question qui se pose surtout est : qu'est-ce que VOUS faites là !
– Il me semble que c'est simple. Je suis le PDG de cette entreprise, Scarlett Charmet. Autrement dit, vous êtes chez moi. »

Elle baissa la tête, stupéfaite, embarrassée et furieuse à la fois.

« Vous souhaitez peut-être qu'une de mes vendeuses s'occupe de vous ?
– Non, merci. J'attends quelqu'un.
– En plein magasin ?
– Exactement !
– Et à quoi cela est dû ?
– Il travaille ici. Pour vous donc.
– Ah ! À quel emploi ? Vous savez, j'ai plusieurs milliers d'employés en ne comptant que Paris, alors...
– Mannequin.
– Son nom, si ce n'est pas indiscret.
– Laury Dwight.
– Laury ?! Soit, je vais vous le chercher. »

J'avais l'impression d'avoir gagner une victoire, alors qu'il n'y avait absolument rien à gagner. Elle était plus jeune que moi et j'avais tout manigancée pour la manipuler. Un instant, j'eus envie de retourner la voir pour lui expliquer ce que je faisais. Pourtant, je me retins et retrouvai Laury, qui attendait mon feu vert.

Je le conduisais auprès d'elle tout de suite après. Le visage de Lena s'illumina lorsqu'elle le vit. J'examinai Laury, qui était tout aussi content de la voir. Le courant passait vraiment très bien entre ces deux-là...

Ils commencèrent à s'éloigner, lorsque Lena rebroussa chemin pour me chuchoter :

« Je pourrais passer à l'occasion pour vous demander quelques conseils ?
– Aucun problème ! »

Nous échangeâmes un clin d'½il complice.

# Enviado em Segunda 20 Março 2006 01:21

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:39

3ème Chapitre : Naissance d'une grande amitié

3ème Chapitre : Naissance d'une grande amitié
Elle était là deux jours plus tard et m'attendait avec impatience. Elle me sauta dessus lorsqu'elle m'aperçut.

« Bonjour, Mademoiselle ! Alors, en quoi puis-je t'être utile ?
– On voit bien que Laury travaille chez vous, dit-elle d'un ton surpris. Il m'appelle tout le temps « Mademoiselle ». Lena, c'est mieux !
– OK, Lena. Bon que cela reste entre nous, mais ton chéri est un des mes favoris et je suis disposée à...
– Mon chéri ? m'interrompit-elle. C'est vrai qu'on est très proche, mais non, nous ne sommes pas...
– Pas encore ensemble ?
– C'est ça, enfin... »

Elle rougit jusque dans le blanc des yeux.

« Tu devrais savoir que tu lui plais beaucoup. N'en rougis pas, voyons. »

Elle releva la tête, reconnaissante.

« Bon, tu viens pour essayer quelque chose ? »

Je jouais le même jeu qu'avec les autres victimes de mes Charmets d'élite, sauf que j'avais l'impression de m'occuper de ma petite s½ur. Je lui fis une réduction énorme pour tout ce que je lui vendais, bien plus que pour toutes les autres « missions ». Elle avait amené toutes ses économies pour que je la fasse belle et son geste me toucha d'autant plus.
Plus tard, lorsque je l'emmenai dans le salon de coiffure, elle me regarda avec insistance.

« ... Oui ? Tu as besoin de quelque chose ? lui demandai-je, sceptique.
– Quoi ?
– Pourquoi tu me fixes du regard comme ça ?
– Je me demandais juste un truc...
– Quoi donc ?
– Tu me répondrais ?
– Ça dépend de ce que c'est...
– Pourquoi est-ce que, la première fois que je t'ai parlé, tu m'espionnais ?
– Moi ? T'espionner ? Pour quoi faire ?
– Arrête ! Tu ne vas pas me refaire le même coup ! Je sais bien que tu me suivais.
– Et qu'est-ce qui t'a fait penser cela ?
– Parce que je t'observai depuis un moment, jusqu'à ce que je comprenne que toi aussi, tu faisais pareil. »

Je marquai un temps de silence, ahurie par sa réponse.

« Pourquoi m'observais-tu ?
– Ben, tu es très belle... ! Tout le monde aime te regarder, c'est normal. Je t'enviais, je voulais être comme toi, te ressembler. Alors je voulais t'imiter et c'est comme ça que j'ai remarqué que tu m'espionnais... »

Sa réponse m'abasourdit.

« Ma belle, cela ne sert à rien de plaire à tous les gens s'ils ne t'aiment pas sincèrement. Moi aussi j'ai cru comme toi pendant longtemps... Mais la beauté est si superflue ! Elle ne m'aidera pas à trouver un mari.
– Non : des dizaines ! Tu peux te taper tous les mecs que tu veux, rien qu'en claquant des doigts !
– Malheureusement, même si je remue le nez comme Samantha, je doute que cela produise les mêmes effets !
– Et t'as pas de petit ami ?
– Non... Ça va bientôt faire deux ans.
– Comment ça se fait ?
– J'ai préféré me consacrer à ma carrière.
– Et ta carrière, c'est de finir vieille fille ?
– J'ai encore le temps, j'ai seulement 24 ans.
– C'est ce qu'ils disaient tous... »

Nous éclatâmes de rire.

« Sérieusement, tu n'as même pas une personne en vue ?
– Oh si ! Bien sûr que si ! Tu penses, une tigresse comme moi ! Seulement, je n'ai pas ni l'envie, ni le temps de m'y attaquer...
– Et bien tu vas me faire le plaisir de changer d'avis ! Allez, assied-toi en face de moi. Alors dis-moi... Comment il s'appelle ?
– Oh non ! Je te dis que ce n'est pas la peine !
– Chut ! Je ne veux rien entendre que son nom !
– Tu exagères là : tu me piques mon boulot !
– Son nom !
– OK... Eric. Eric Reynaud.
– Ça va, j'aime bien !
– Ah ! Parce qu'il faut que je tienne en compte l'opinion de Madame ?
– Ah ! Ben tu vois, il y a déjà du progrès puisqu'on est passé de « Mademoiselle » à « Madame » ! »

À partir de ce jour, nous devînmes très complices et elle vint souvent au magasin, puis un peu plus tard chez moi pour dîner et nous nous racontions alors plein d'anecdotes, je la conseillai dans sa relation avec Laury ou tout simplement pour des suggestions cosmétiques, etc. Elle était la s½ur que je n'avais jamais eue et moi la sienne. C'était ma petite protégée et je fis d'elle une merveille. Elle aussi, à son tour, voyait tous les hommes se mettre à ses pieds comme ils l'avaient fait pour moi. J'avais déjà planifié qu'elle serait ma digne héritière ou mieux encore, mon associée. /c]

# Enviado em Terça 21 Março 2006 01:24

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:39

3ème Chapitre : Petite surprise...

3ème Chapitre : Petite surprise...
J'allais souvent la chercher au lycée et je remarquai que beaucoup de jeunes hommes la regardaient, alors qu'elle les ignoraient facilement, d'après le conseil que je lui avais donné. Et quand elle rentrait dans ma voiture, elle pouvait me dire exactement tous les noms de ces âmes perdues de désir pour elle et dont elle se moquait légèrement.

« Tu sais quoi ?
– Non, mais je sens que tu vas me le dire...
– On a un remplaçant !
– Qui remplace quel professeur ?
– Le vieux ronchon, M. Louis, le prof de français.
– J'en déduis au ton que tu as que le nouveau est plutôt jeune.
– Dans le mille !
– Quel âge ?
– Un peu plus de trente ans, apparemment.
– Il n'est pas marié ?
– Non. Mais il est fiancé...
– C'est encore plus drôle, non ?
– C'est sûr qu'il est pas mal du tout ! Pourtant, je ne sais pas pourquoi, mais il est super bizarre ! Enfin, il est bizarre avec moi. Il me regarde tout le temps avec beaucoup d'insistance. Et même, le fait que je sois bonne élève a presque eu l'air de lui déplaire.
– Il est timbré celui-là !
– Ben, écoute... Sûrement ! Il n'en reste pas moins un bon coup, d'après moi ! »

Je m'inquiétais de ce que ce professeur pouvait la prendre en grippe, ne pas aimer ses manières charmeuses et subtiles, et lui faire payer son antipathie envers elle. Quelque chose me soufflait qu'il fallait que Lena soit prudente avec lui...

Or, la semaine suivante, j'allais de nouveau chercher Lena. Ne la voyant pas arriver, je sortis de ma voiture et l'attendais à l'entrée. Elle arriva avec dix minutes de retard. Lorsqu'elle m'aperçut, elle me fit de grands signes en levant les yeux au ciel.

« Ce prof de français est vraiment louf' !
– Qu'est-ce qui s'est encore passé ?
– J'ai rien fait pour le séduire, alors que toutes les filles sont agglutinées à lui comme des mouches et ce soir, il m'a demandé de rester. Il m'a fait des compliments sur mon dernier devoir et il s'est rapproché de moi jusqu'à être collé à moi. Puis il m'a observé d'une manière étrange et il s'est écarté de moi, comme si on l'avait projeté à l'autre bout de la salle ! »

Oui, ça me rappelait vaguement un certain scénario, sans pour autant vraiment y ressembler...

« Francie ?! »

Je me retournai brusquement, très frustrée qu'on m'appela ainsi.

Je restai bouche bée, ne trouvant rien à dire devant la personne qui me souriait et qui m'avait très bien reconnue.

« Freddo ! ça me fait plaisir de te voir ! J'aurais dû me douter que c'est par ici qu'on peut se rencontrer ! remarquais-je en désignant le lycée. Alors qu'est-ce que tu deviens ?
– Vous... Vous connaissez ? demanda Lena stupéfaite.
– Oui ! Nous sommes... De vieux amis ! dis-je non sans un certain embarras.
– Tu n'as absolument pas changé depuis la dernière fois qu'on s'est vu... Observa-t-il en s'approchant de moi avec un regard contemplateur. Tu es toujours... Aussi belle !
– Merci... Mais dis-moi, c'est toi le prof de Lena alors ?
– Oui, je suis le remplaçant. Je lui ai dit qu'elle me faisait pensé à quelqu'un, pourtant je n'arrivais pas à trouver qui ! Sauf maintenant ! s'exclama-t-il avec un rire forcé.
– Tu es marié alors ? Tu as des enfants ?
– Je suis... Fiancé.
– C'est génial ! Félicitations à toi et à l'heureuse élue ! m'exclamai-je.
– Moui... Merci. Et Lena et toi, vous êtes de la même famille ?
– Oh, non ! nous écriâmes-nous en ch½ur.
– Je ... Je suis sa marraine, repris-je d'un ton mal assuré.
– Oui ? fit Lena, à la fois étonnée et amusée par mon prétexte.
– Ah... Je comprends. Mince ! Il va falloir que j'y aille, je suis attendu... s'excusa-t-il en regardant sa montre. Je serais cependant très heureux de... Je ne sais pas moi, moi... Peut-être qu'on pourrait se voir un de ces soirs, comme au bon vieux temps ? Tiens, voilà mon numéro de portable si tu veux m'appeler... J'ai été ravie de te voir, Francie. »

Il s'éloigna, nous laissant toutes deux étonnées de ce qui venait de se produire.

# Enviado em Terça 21 Março 2006 01:31

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:33

2ème Chapitre : Application concrète de la dite méthode

3ème Chapitre : Retrouvailles avec Freddo
Le lendemain, Gilles se rendit à son rendez-vous. Il fut surpris de la découvrir sous un nouveau jour, plus ouverte avec lui et avec elle-même. Évidemment, elle avait encore un peu honte de sa propre personne, car l'assurance ne vient pas toute seule. Il faut s'y habituer et se forcer à être plus sûr de soi. Aussi, les barrières qu'elle s'imposait s'effacèrent petit à petit, au fur et à mesure que sa relation avec Gilles la rassurait. D'ailleurs, leurs liens se resserraient énormément ; Gilles l'a trouvait fabuleuse qu'il aurait presque pu tomber amoureux d'elle. « Je vais finir par être bisexuel ! Elle est incroyable ! Si cultivée et si douce ! » m'avait-il dit une fois au téléphone, après l'avoir raccompagnée chez elle.

Telle qu'il me la décrivait, je savais qu'elle était en fait comme je l'avais pressentie. Mais elle se cachait encore : elle n'avait pas encore osé venir au magasin Charmet, ce qui prouvait que le cap du changement de look mettait plus de temps que je n'aurais pensé. Pourtant je l'y attendais de pied ferme, avec beaucoup de patience.

Ce que je trouvais très amusant, c'est que Gilles l'appelait plusieurs fois pour prendre de ses nouvelles, comme un homme fou amoureux de sa femme. Tout se passait merveilleusement bien entre eux et enfin, elle se décida à venir au magasin. Elle demanda à voir Gilles, qui bien sûr était à l'entreprise et non à la boutique. Par chance, j'étais sur place. Je la reconnus tout de suite, bien que son bonheur lui eût changé l'expression du visage. Je me chargeai d'elle sur le champ.

« Lucie ? C'est donc vous ! Gilles m'a tellement parlé de vous ! »

Elle se retourna vers moi, surprise.

« Vous êtes sa meilleure amie, c'est cela ?
– Oui et sa patronne. »

Je baissai d'un ton.

« En tant que proche de Gilles, si vous voulez, je me ferais un plaisir de vous faire quelques réductions sur mes collections.
– Oh ! C'est très gentil... J'admire beaucoup votre travail, vous savez.
– Merci... ! Pardonnez-moi de vous faire attendre, je vais prévenir Gilles. Regardez donc s'il y a quelque chose qui vous plaît pendant ce temps. »

C'est ce qu'elle fit. Évidemment, sa tête changea quand elle vit le prix derrière l'étiquette. Mais j'avais bien prévu le coup. Je téléphonai à Gille pour qu'il rapplique rapidement.

« Elle est là ?
– Oui, elle regarde les robes.
– J'arrive tout de suite ! »

Dix minutes plus tard, il était là. Il passa par l'entrée réservée au personnel et me rejoignit dans les bureaux du magasin. Nous nous dirigeâmes ensemble vers elle, pourtant, je retins Gilles.

« Compte jusqu'à 100. Ensuite tu pourras venir. J'ai une chose à lui dire. »

Je retournai jusqu'à elle.

« Gilles arrive bientôt. Oh ! L'Ensoleillée Bourgeoise vous intéresse ? Je pense qu'elle vous irait à ravir ! Vous ne voulez pas la prendre ? Vous seriez ravissante comme cela pour sortir avec Gilles.
– Oh... Oui, elle est très belle, mais malheureusement elle n'est pas trop dans mes moyens...
– Voyons, il fallait me le dire plus tôt ! »

Je sortis de ma poche une étiquette « -50% » et la signai.

« Voilà qui fera l'affaire ! Mais vous ne souhaitez pas l'essayer ? Oh, chut ! Gilles vient par là ! Il faudrait lui faire la surprise ! »

Je lui fis un clin d'½il et nous accueillîmes Gilles à son arrivée. Il la prit dans ses bras et je les laissai seuls un instant. Il était chargé de lui dire qu'il avait trop de travail pour le moment et qu'il ne pouvait pas rester avec elle cet après-midi. Bien sûr, pour se rattraper, il ajouta qu'ils se verraient de toute façon le lendemain et qu'il lui promettait aussi de l'appeler dans la soirée. Je devais prendre le relais derrière et m'occuper d'elle. Alors, lorsqu'il s'éloigna, j'avançai vers elle avant qu'elle ne m'échappe.

« Alors ? Toujours d'accord pour la robe ? »

Séduite par la beauté de la robe, elle l'essaya sur mon conseil. Naturellement, elle lui alla à merveille. Sans même lui demander son accord, je l'emmenai au salon de coiffure et lui fit faire de belles boucles accrochées par de jolis petits bijoux, ainsi qu'un maquillage léger qui mettait en valeur ses yeux. Je prenais soin de toujours lui demander si ça lui plaisait et si je sentais qu'elle disait simplement oui par gentillesse, je recommençai, tant et si bien qu'elle m'avoua complètement le fond de sa pensée. La véritable personne qui se cachait au fond d'elle se dévoila finalement. Comme dans les films, elle avait l'air d'une princesse au beau milieu d'un rêve...

Je fus très fière de mon travail et encore plus de la voir aussi heureuse d'elle-même. Elle n'était visiblement pas encore capable de s'émanciper du regard des autres, mais la découverte de sa propre beauté l'avait bouleversée et avait également provoqué de grands progrès dans son esprit. Avant de partir du magasin, elle me remercia mille fois, un sourire rayonnant sur le visage et les bras chargés de paquets.

Lorsque Gilles débarqua à l'improviste le soir même chez elle, il fut agréablement estomaqué par la transformation de Lucie. Dès qu'il sortit pour rentrer chez lui, il s'empressa de m'appeler pour me féliciter :

« Vous avez fait des merveilles, Madame Scarlett. Que Dieu vous bénisse ! »

# Enviado em Quarta 22 Março 2006 04:54

Modificado em Segunda 16 Julho 2007 08:14