3ème Chapitre : Confrontation

3ème Chapitre : Confrontation
Je reçus dans les semaines qui suivirent d'autres coups de fil de mon ex envahissant, mais également un de la vraie Martine qui m'invitait à venir dîner chez elle. J'acceptai évidemment, même si Sébastien n'allait pas être ravi de ma présence. De toute façon, je venais surtout pour voir Martine et le petit Lucas, qui avait maintenant 8 mois. Il était trognon, ce petit bout de chou ! Il ressemblait particulièrement à son père, mais avait les yeux et le front de sa mère. En outre, ce qui me plaisait chez lui, c'est qu'il était déjà très charmeur ! Je l'imaginais parfois en parfait petit Charmet des cours de maternelle et de primaire... ! C'était un côté de son caractère que son père voulait supprimer, j'en étais sûre, mais je ravivais à chaque fois l'instinct de séducteur de son tout petit bébé, rien que pour embêter Sébastien. J'avais donc amené une belle peluche pour Lucas et une petite tenue de ma confection. Je m'attendais ainsi à ce que l'on chouchoute Lucas ce soir-là. Ce que Martine ne m'avait pourtant pas dit, c'est que je n'étais pas la seule invitée...

Je me trouvai en effet le jour dit devant l'immeuble avec l'impression gênante d'être observée. Je ne me retournai pas et entrai pour me diriger vers l'ascenseur. Derrière moi, un homme visiblement, fit la même démarche et juste avant que les portes ne se referment, il les bloqua pour pénétrer dans la cabine.

« Bonjour ! »

Je restai bouche bée : c'était Olivier Richard. Je l'ignorai, tant j'étais folle de rage. J'eus une petite pensée pour Lena : encore une proie facile !

« Vous ?! m'exclamai-je.
– Oui : moi. Mais je vous promets de ne pas vous parler : vous risqueriez de croire que je veux vous voler vos secrets professionnels.
– Monsieur aime faire de l'humour ? Ah ah ah ! Je suis hilare !
– Je suis content que cela vous fasse rire, dit-il avec un sourire malin. »

Je fronçai les sourcils, contrariée par son assurance. Et peut-être plus encore, parce que je me sentais faiblir à côté de lui.
« Ne vous avisez pas de continuer votre petit jeu ridicule, le menaçai-je pour me ressaisir. Vous ne me faites pas rire du tout !
– Vous allez bien, j'espère ?
– Oui, merci... ! Mais je n'ai pas besoin de vous demander comment vous allez : votre sourire narquois est bien trop satisfait pour que vous alliez mal !
– Vous savez, je vous trouve charmante quand vous vous mettez en colère comme cela.
– Et ensuite vous allez dire que vous ne flirtez pas avec moi... ! »

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent.

« Je vous en prie, ajouta-t-il en m'ouvrant le passage. »

Je lui passai devant, la tête haute et méprisante pour me diriger vers l'appartement de Martine et Sébastien.

Je remarquai alors que lui aussi était sorti au même étage. Martine vint ouvrir et me sauta dans les bras.

« Ah ! Francie, c'est formidable, tu es là ! »

Sébastien apparut derrière elle et il sourit avec sincérité. Étrange... !

« Olivier !... Mais c'est impeccable, nos deux invités arrivent en même temps ! »

Je crus un instant que j'allais m'évanouir, mais je me ressaisis et entrai dans l'appartement en l'ignorant. Il passa à côté de moi et me murmura l'oreille :

« Je vous sens enchantée de m'avoir à vos côtés ce soir... »

Je lui lançai un regard noir et Martine me demanda en chuchotant si je le connaissais déjà.

« Oui, c'est un ami de Sophie Grandier... !
– C'est vrai ? Oh, je suis désolée de ne le savoir que maintenant...
– Ce n'est pas grave. Où est Lucas ?
– Il attend sagement dans sa chambre. Je suis sûre qu'en te voyant, il va être tout content ! »

Je jetai un coup d'½il à Olivier. Il m'observait et pourtant je ne sentais pas cette fois-là cette manière cynique qu'il avait quand il me dévisageait. Pour une fois, il était en fait presque discret.

J'allai avec Martine pour chercher Lucas et je le pris aussitôt dans mes bras. Il était tellement beau ! Je le câlinai et le faisais beaucoup rire. Avec moi, il fit encore son numéro de charme, ce qui plût moyennement à son père. Sébastien nous proposa alors de nous asseoir au salon pour discuter. J'acceptai à contrecoeur, n'ayant pas du tout envie d'être confronté à Olivier.

« Je pense que des présentations s'imposent : Olivier Richard, Scarlett Charmet... Olivier est un de mes collègues, Scarlett. Je suppose que tu sais très bien qui est Scarlett, Olivier.
– Oui, oui. Et en effet, je travaille avec Sébastien, et non pas pour Sophie. »

Je détournai les yeux une seconde, puis relevai son défi.

« Oh ! Vous êtes médecin alors ?
– Pas vraiment... En fait je suis propriétaire de l'hôpital et je me charge de sa gérance, pas des malades comme Sébastien. Sophie était en fait ma compagne... »

J'étais gênée. Je n'ajoutai rien, mais j'étais frustrée. Je me penchai alors sur le bébé et jouai avec lui.

« Francie, les affaires vont toujours bien, au fait ? m'interrogea Martine. J'ai été à ton magasin mercredi dernier et j'ai encore trouvé des petites merveilles pour Lucas, mais je ne t'y ai pas trouvée, ta secrétaire m'a dit que tu étais sortie pour une conférence.
– Oui ! Je suis assez prise ces temps-ci...
– Francie ? Je croyais que...
– Oui, c'est comme ça que je m'appelle, mais plus personne ne m'appelle comme ça, à part Martine, mes parents et... Un ami.
– D'accord...
– Ah oui, c'est vrai que tu revois... Comment s'appelait-il déjà ? Ah ! M. Clarance ! Frédéric, oui.... !
– Voyons, nous ne sommes pas là pour parler de mes anciennes amours, Martine !
– Oh, excuse-moi ! Mais il me semblait que tu le voyais ces temps-ci... Je croyais que... Vous étiez de nouveau ensemble !
– Non, non. Ce n'est pas ça du tout ! D'autant plus qu'il est fiancé ! »

J'essayai d'être la plus naturelle possible, mais j'avais l'impression d'être plus fausse qu'autre chose, d'autant plus qu'à cet instant, Olivier me fixait de ses yeux perçants...

La soirée se passa plutôt bien, malgré quelques sous-entendus d'Olivier, qui me mirent malgré tout bien mal à l'aise. Sébastien sembla se poser des questions sur le moment, mais ne dit rien et ne revint pas dessus.

# Enviado em Quarta 22 Março 2006 05:05

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:31

3ème Chapitre : Un sacré mec

3ème Chapitre : Un sacré mec
Lorsque ce fut l'heure de nous quitter, Sébastien et Martine nous raccompagnèrent jusqu'à la porte et nous nous saluâmes.

« Je t'appellerai, Francie. OK ?
– D'accord ! »

Je me retournai et me précipitai vers l'ascenseur. Mais Olivier me rattrapa en courant dès que la porte se ferma.

« Vous ne pensez pas que normalement, maintenant que nous avons pris congé de nos hôtes, cela ne serait pas très grave de discuter encore un peu, le temps d'arriver jusqu'à notre voiture ? Voyons, ... C'est le temps de faire la paix, non ?
– Désolé, mais je ne vois pas de quoi nous pourrions parler ! Oh, si ! Puisque vous insistez ... Le soir de notre rencontre, vous n'avez pas avoué que vous tentiez de me séduire, parce que vous étiez avec Sophie, n'est-ce pas ? Allez, dites-le !
– Pardon, je suis très franc et si je vous ai dit cela, c'est parce que c'était le cas. Certes, je vous ai trouvé très à mon goût, je ne le nie toujours pas, cela n'empêche que je n'ai pas flirté avec vous !
– C'est ce que vous dites tous !
– Ah ! »

Il me saisit par la taille et m'appuya contre lui.

« Vous avez besoin d'être embrassée, et par un homme qui s'y connaisse, ma chère !
– Vous avez appris cette phrase par c½ur pour toutes vos conquêtes, dites-moi ? On veut jouer les Rhett Butler ?
– Après tout, vous êtes Scarlett !
– Vous savez que lorsqu'il dit cela à Scarlett, il n'a pas l'intention de l'embrasser ?
– Oui. Mais je peux faire une variante, si ça me plaît... »

Il se serra encore un peu plus contre mon corps et rapprocha son visage du mien.

« Je ne sais pas bien si j'ai envie de vous embrasser maintenant.
– Dans ce cas, vous n'avez qu'à y réfléchir plus tard et me laisser rentrer chez moi.
– Ah non, c'est hors de question ! C'est moi qui vous raccompagne. »

J'étais stupéfaite par le ton autoritaire qu'il avait pris.

« Ah oui ?! Et qui vous dit que je vais accepter ? répliquai-je pour ne pas montrer mon trouble.
– Rien. Néanmoins si vous refusez ma proposition ce soir, j'aimerais que vous réfléchissiez pour une sortie au restaurant avec moi dans deux jours, disons... Voilà, mon numéro. »

Il sortit une petite carte de visite de sa poche et la glissa dans mon sac à main sans me quitter des yeux.

« Vous êtes une vraie tête de mule et pourtant, je n'arrive même pas à vous en vouloir. »

Il releva mon menton avec sa main et déposa un baiser furtif sur mes lèvres.

J'étais dans un état second après cela : je planai complètement. C'était si doux... ! Je revins chez moi toute heureuse et j'envoyai immédiatement un texto à Lena.

« Tune 2vinera jamè ce kil c paC ce soir : ché Martine g rencontré le gar de lasoiré mondèn don je taV parlé! Je te raconterè tt ça 2min, tuva bi1 te marré ! jesui complètmen fole : enf1 2 soiré il ma embraC... CT supR ! Bone nui, bizou ! Scarlett. »

Deux minutes plus tard, je reçus sa réponse. Un bruit de rire électronique retentit en l'ouvrant.

« povre « freddo » ! mdr ! G hât ke tume raconte ça ! En tt K il a pa c m1 ds c poch celui là pour tembraC dès votr 2ème rencontr ! contente ketu soi aussi heureuz ;) bizoooous ! Lena. »

# Enviado em Quinta 23 Março 2006 01:23

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:32

3ème Chapitre : La règle du numéro

3ème Chapitre : La règle du numéro
Le lendemain, Lena rappliqua au magasin dès ses cours terminés.

« Alors ?! J'en connais un qui va sûrement être très jaloux...»

J'éclatai de rire.

« Allez, viens. On prend ma voiture et on va chez moi. Ici, les murs ont des oreilles... Et Gilles serait capable de me faire la morale ! »

Chez moi, Lena s'installa sur l'un des tabourets du bar de ma superbe cuisine américaine, et elle finit de me raconter sa journée, ce qu'elle avait commencé à faire dès que la voiture avait démarré.

« Et donc ? Ta soirée d'hier ? Raconte-moi ! Je veux tout dans les moindres détails !
– Aha ! Bon, tu sais que Martine m'avait invité.
– Affirmatif.
– Et son mari, Sébastien, ne m'aime pas beaucoup, tu t'en souviens ?
– Affirmatif.
– Je suppose qu'il a dû se dire que si je venais, il n'y avait pas de raison pour qu'il invite un ami. Seulement cet ami se révéla être... Olivier Richard!
– Comment ça se fait ?! s'exclama-t-elle.
– C'est exactement ce que je me suis demandé, surtout que je pensais qu'il travaillait pour Sophie. Mais pas du tout ! Sébastien m'a dit que c'était un collègue. Bien sûr, je suis tombée des nues : lui, médecin ? C'était trop drôle !
– Ben, c'est bien médecin, remarqua Lena.
– Oui, c'est sûr. Mais je veux dire, ce n'est pas un médecin qui est habillé tous les jours en costume. Et je suis sûr que tous ses sous-vêtements sont de marque ! »

Lena explosa de rire.

« C'est certain que c'est essentiel. Dis-moi, il porte des boxers ou des slips kangourous ?
– J'espère des boxers...
– Ah ah ah! Tu imagines s'il met des strings ??
– Non, arrête ! m'écriai-je. C'est pas du tout le genre. Même si ça ne me déplairait pas, parce qu'il faut bien avouer que les hommes qui se permettent d'en porter sont ceux qui pensent avoir de belles fesses ! Et que c'est alors souvent le cas !
– Oh !
– Ben quoi ! C'est vrai !
– Oui, c'est vrai. Personnellement, je ne sais pas ce que donne réellement un homme en string...
– Si tu veux, je peux t'inviter aux séances photos de mes mannequins ! Tu en verras forcément !
– Laury en fait ?
– Non, non. Lui, c'est seulement rayon chic.
– Oh...
– Enfin... Revenons à nos moutons !
– Ton mouton, hein ?
– OK ! Mon mouton... Donc déjà dans l'ascenseur quand je l'ai vu, je n'y croyais pas ! Et alors cet idiot, il s'est foutu de moi ! J'avais envie de rire, c'est ça le pire ; mais en même temps, il me faisait bouillonner, c'était sensationnel ! Rien que d'y penser, ça me donne envie de lui donner des baffes ! Après quand j'ai compris qu'il venait lui aussi chez Martine, je me sentais trahie. Mais heureusement, il a arrêté de se moquer ouvertement de moi à partir du moment où l'on a franchi la porte. Enfin... Il a fait quand même quelques sous-entendus pendant la soirée pour me mettre bien mal à l'aise. Genre à un moment, Sébastien lui dit : « Tu es un vrai Don Juan, je ne comprends pas comment ça se fait que tu n'arrives pas à te caser ! » et lui il a répondu en me regardant droit dans les yeux : « Tu comprends, beaucoup de femmes pensent que je ne fais que flirter avec elles pour prendre du bon temps, puis les abandonner ou encore à mon profit... ». Je me suis occupée de Lucas à ce moment-là pour éviter soigneusement de continuer à le regarder. Ah oui ! Heureusement que Lucas était là, sinon je n'aurais pas pu rester toute la soirée. Bien sûr, il y avait Martine, mais elle ne comprenait rien de ce qui se passait. Bref, ça s'est tout de même bien passé. À la fin, Martine et Sébastien nous ont raccompagnés et c'est là que nous nous sommes retrouvés en tête-à-tête... Je me suis enfuie pour l'éviter d'abord, mais il m'a rattrapée et il a voulu me convaincre de dîner demain soir avec lui...
– C'est là qu'il t'a embrassé ?
– En fait, il m'a juste fait un bisou, en soi, mais c'était d'une façon... ! Tellement surprenante ! Rien qu'à cause de ce baiser, je ne peux pas lui en vouloir ! Hé ! Tu imagines qu'il m'a sorti une phrase de Rhett Butler ? Bien sûr, je l'ai rembarré. Pourtant, ça a été l'occasion pour lui juste de me serrer encore davantage contre lui. Et il voulait m'obliger à me ramener chez moi. Je faisais mine que je lui en voulais, tu penses, alors que je lui aurais sauté dessus ! Juste avant de partir, il m'a donné son numéro pour que je lui confirme notre sortie ensemble demain soir...
– Donc tu l'as appelé ?
– Non... Il y a Freddo, rappelle-toi.
– Quoi ?! Tu es folle ? Tu ne préfères pas ce gars à Fred ? Si ! Oh ! Mais quelle heure est-il ? J'ai peur que ce ne soit trop tard ! Vite, va chercher le téléphone et le numéro !
– Mais pourquoi ?
– Tu ne connais pas la règle du numéro ? Oh ! Lorsqu'un homme te donne rendez-vous et son numéro pour que tu le rappelles, il y a certaines choses à respecter.
– À la dernière minute, ça me semble très bien !
– Justement ! C'est ce que toutes les femmes pensent ! Mais c'est faux ! Parce qu'il faut prendre en compte qu'une réservation, c'est assez important et que si on s'y prend trop tard, l'homme en question peut-être énervé en ayant une réponse trop tardive et quand c'est trop tôt bien sûr, ils crient victoire ! Mais là, tu vas rentrer dans la limite du bon... Allez, vas-y, appelle-le ! »

Je pianotai sur le téléphone pour composer le numéro. La sonnerie retentit, une, deux, trois fois...

« Allô ? »

Je sursautai. Lena me fit signe de répondre.

# Enviado em Quinta 23 Março 2006 01:32

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:31

2ème Chapitre : Application concrète de la dite méthode

3ème Chapitre : Fixer un rendez-vous
Le lendemain, Gilles se rendit à son rendez-vous. Il fut surpris de la découvrir sous un nouveau jour, plus ouverte avec lui et avec elle-même. Évidemment, elle avait encore un peu honte de sa propre personne, car l'assurance ne vient pas toute seule. Il faut s'y habituer et se forcer à être plus sûr de soi. Aussi, les barrières qu'elle s'imposait s'effacèrent petit à petit, au fur et à mesure que sa relation avec Gilles la rassurait. D'ailleurs, leurs liens se resserraient énormément ; Gilles l'a trouvait fabuleuse qu'il aurait presque pu tomber amoureux d'elle. « Je vais finir par être bisexuel ! Elle est incroyable ! Si cultivée et si douce ! » m'avait-il dit une fois au téléphone, après l'avoir raccompagnée chez elle.

Telle qu'il me la décrivait, je savais qu'elle était en fait comme je l'avais pressentie. Mais elle se cachait encore : elle n'avait pas encore osé venir au magasin Charmet, ce qui prouvait que le cap du changement de look mettait plus de temps que je n'aurais pensé. Pourtant je l'y attendais de pied ferme, avec beaucoup de patience.

Ce que je trouvais très amusant, c'est que Gilles l'appelait plusieurs fois pour prendre de ses nouvelles, comme un homme fou amoureux de sa femme. Tout se passait merveilleusement bien entre eux et enfin, elle se décida à venir au magasin. Elle demanda à voir Gilles, qui bien sûr était à l'entreprise et non à la boutique. Par chance, j'étais sur place. Je la reconnus tout de suite, bien que son bonheur lui eût changé l'expression du visage. Je me chargeai d'elle sur le champ.

« Lucie ? C'est donc vous ! Gilles m'a tellement parlé de vous ! »

Elle se retourna vers moi, surprise.

« Vous êtes sa meilleure amie, c'est cela ?
– Oui et sa patronne. »

Je baissai d'un ton.

« En tant que proche de Gilles, si vous voulez, je me ferais un plaisir de vous faire quelques réductions sur mes collections.
– Oh ! C'est très gentil... J'admire beaucoup votre travail, vous savez.
– Merci... ! Pardonnez-moi de vous faire attendre, je vais prévenir Gilles. Regardez donc s'il y a quelque chose qui vous plaît pendant ce temps. »

C'est ce qu'elle fit. Évidemment, sa tête changea quand elle vit le prix derrière l'étiquette. Mais j'avais bien prévu le coup. Je téléphonai à Gille pour qu'il rapplique rapidement.

« Elle est là ?
– Oui, elle regarde les robes.
– J'arrive tout de suite ! »

Dix minutes plus tard, il était là. Il passa par l'entrée réservée au personnel et me rejoignit dans les bureaux du magasin. Nous nous dirigeâmes ensemble vers elle, pourtant, je retins Gilles.

« Compte jusqu'à 100. Ensuite tu pourras venir. J'ai une chose à lui dire. »

Je retournai jusqu'à elle.

« Gilles arrive bientôt. Oh ! L'Ensoleillée Bourgeoise vous intéresse ? Je pense qu'elle vous irait à ravir ! Vous ne voulez pas la prendre ? Vous seriez ravissante comme cela pour sortir avec Gilles.
– Oh... Oui, elle est très belle, mais malheureusement elle n'est pas trop dans mes moyens...
– Voyons, il fallait me le dire plus tôt ! »

Je sortis de ma poche une étiquette « -50% » et la signai.

« Voilà qui fera l'affaire ! Mais vous ne souhaitez pas l'essayer ? Oh, chut ! Gilles vient par là ! Il faudrait lui faire la surprise ! »

Je lui fis un clin d'½il et nous accueillîmes Gilles à son arrivée. Il la prit dans ses bras et je les laissai seuls un instant. Il était chargé de lui dire qu'il avait trop de travail pour le moment et qu'il ne pouvait pas rester avec elle cet après-midi. Bien sûr, pour se rattraper, il ajouta qu'ils se verraient de toute façon le lendemain et qu'il lui promettait aussi de l'appeler dans la soirée. Je devais prendre le relais derrière et m'occuper d'elle. Alors, lorsqu'il s'éloigna, j'avançai vers elle avant qu'elle ne m'échappe.

« Alors ? Toujours d'accord pour la robe ? »

Séduite par la beauté de la robe, elle l'essaya sur mon conseil. Naturellement, elle lui alla à merveille. Sans même lui demander son accord, je l'emmenai au salon de coiffure et lui fit faire de belles boucles accrochées par de jolis petits bijoux, ainsi qu'un maquillage léger qui mettait en valeur ses yeux. Je prenais soin de toujours lui demander si ça lui plaisait et si je sentais qu'elle disait simplement oui par gentillesse, je recommençai, tant et si bien qu'elle m'avoua complètement le fond de sa pensée. La véritable personne qui se cachait au fond d'elle se dévoila finalement. Comme dans les films, elle avait l'air d'une princesse au beau milieu d'un rêve...

Je fus très fière de mon travail et encore plus de la voir aussi heureuse d'elle-même. Elle n'était visiblement pas encore capable de s'émanciper du regard des autres, mais la découverte de sa propre beauté l'avait bouleversée et avait également provoqué de grands progrès dans son esprit. Avant de partir du magasin, elle me remercia mille fois, un sourire rayonnant sur le visage et les bras chargés de paquets.

Lorsque Gilles débarqua à l'improviste le soir même chez elle, il fut agréablement estomaqué par la transformation de Lucie. Dès qu'il sortit pour rentrer chez lui, il s'empressa de m'appeler pour me féliciter :

« Vous avez fait des merveilles, Madame Scarlett. Que Dieu vous bénisse ! »

# Enviado em Sexta 24 Março 2006 00:37

Modificado em Segunda 16 Julho 2007 08:14

3ème Chapitre : Une soirée qui s'annonce bien !

3ème Chapitre : Une soirée qui s'annonce bien !
J'acceptai donc la proposition d'Olivier, oubliant carrément le rancard que j'avais prévu le lendemain avec Frédéric. Lorsqu'il se présenta chez moi, il était très élégant et portait une chemise noire à rayures blanches, un peu ouverte et qui laissait deviner sa forte stature, ainsi qu'un costume noir qui allait avec.

« Quelle allure, Monsieur Richard ! En quel honneur sommes-nous si chic ?
– Juste pour vous accompagner, Madame. Mais c'est déjà tellement... »

Il ouvrit la portière de la voiture et m'invita à y entrer. Je lui obéis et attendis sagement qu'il se mit au volant.

« Alors comme ça, où allons-nous ?
– Au restaurant, il me semblait...
– Peut-être, mais lequel ?
– Ah ! Vous êtes trop curieuse ! Vous voulez encore que je vous embrasse, c'est ça ?
– Oh ! Ça n'était pas un baiser...
– Oui ? Qu'était-ce donc alors ?
– Un simple bisou.
– Qui ne vous a pas laissé de marbre, je me trompe ?
– Certes, c'était agréable.
– Dommage que je sois entrain de conduire. Sinon je vous aurais embrassé comme il faut. Mais ça ne tardera pas, ne craigniez rien.
– Vous vous surestimez un peu trop à mon goût...
– Je vous ressemble sur ce point, non ? »

Nous arrivâmes près du Parc des Tuileries, puis de la Place Vendôme pour parvenir à l'hôtel-restaurant « Le Plaza Paris Vendôme ». Olivier s'arrêta juste devant le palace, le temps de confier son véhicule à un voiturier. Il me prit par la main et m'emmena immédiatement dans le hall d'entrée. J'étais très impressionnée ; je connaissais l'hôtel de réputation, pour ses 5 étoiles notamment, mais je n'avais jamais eu le privilège d'y entrer. Olivier se tourna vers moi.

« Je vous propose deux choix pour ce soir, ma belle : soit nous dînons au restaurant, soit nous allons manger dans une suite où notre repas nous sera servi... Je vous laisse décider selon vos caprices : je n'en épargnerai aucun ce soir ! Je compte notamment vous faire oublier votre bellâtre ! »

J'eus une petite pensée pour Frédéric.

« Oh ! Une suite ? Vous êtes fou allié ! Une soirée ici, c'est à se ruiner !
– Non, pas pour vous. Tout l'or du monde ne suffirait pas pour vous posséder, très chère...
– Olivier, vous êtes vraiment insensé ! m'exclamai-je.
– La raison... N'est rien contre l'envie.
– Vous êtes diabolique alors.
– Non, non, bien sûr que non ! Je fais juste ce qui me semble parfait au moment où je le fais. Croyez-moi, si j'étais « diabolique », je serais probablement beaucoup moins courtois et ne vous demanderais pas votre avis !
– Soit ! Va pour la suite !
– J'étais sûr que vous la choisiriez !
– Ah oui ? Et pourquoi ?
– Parce qu'il est toujours plus agréable de parler dans l'intimité que dans un restaurant où il y a des dizaines d'autres gens.
– Je raisonnerais comme ça si, comme vous, j'avais une idée derrière la tête. Malheureusement pour vous, la suite ne m'intéresse que parce que j'ai envie de goûter au luxe des chambres d'un si bel hôtel, alors que le restaurant est ouvert à tous...
– Et bien en tout cas, il est certain que vous allez appréciez le luxe que vous voulez « goûter », ma chère. »

Il se présenta à l'accueil et nous fûmes chaleureusement accueillis. Le réceptionniste nous félicita même pour nos noces ; le bonhomme pensait que nous étions là pour notre mariage ! Cela nous amusa beaucoup, mais je fus cependant assez gênée qu'on m'ait prise pour la jeune épouse d'Olivier.
Puis on nous emmena jusqu'à la suite et l'on nous donna des menus pour commander. Ce que nous nous empressâmes de faire !

# Enviado em Sexta 24 Março 2006 00:45

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:39