3ème Chapitre : Le mystère Olivier

3ème Chapitre : Le mystère Olivier
« Vous étiez déjà venu dans cet hôtel, Olivier ?
– Palace, ma chérie. Et pour répondre à votre question, non, je ne suis jamais venu ici auparavant. Je préfère, quand je suis à Paris, dormir chez moi ! Mais j'ai déjà fait quelques séjours dans des palaces 5 étoiles du reste du monde...
– Vous avez hérité de l'empire et de la fortune de votre père ou grand-père pour vous permettre des escapades de ce genre ?
– De mon arrière-grand-mère en fait. Elle a fait beaucoup d'investissements immobiliers qui ont fructifié. Elle est décédée, il y a cinq ans, alors qu'elle était âgée de 117 ans ! Elle me considérait comme son digne et unique héritier, puisque j'avais fait des études importantes dans les finances sur son conseil et qu'elle m'adorait. Elle a donc décidé de me léguer tout ce qu'elle possédait. Mon grand-père a disparu avant elle, mais ses autres garçons et filles ont crié au scandale quand le notaire a donné les v½ux de son testament. Ça a beaucoup faire rire ma mère qui savait que je suivrais ses traces. Et vous voyez, j'avais 25 ans quand j'ai commencé les affaires, presque comme vous. Le plus tôt est le mieux, c'est certain.
– Je suis épatée ! Et que comptez-vous faire de votre vie de château ?
– Oh ! Mais je reste un homme simple, vous savez ! Je souhaite seulement trouver une femme et avoir des enfants. Pour le reste, je gère la situation.
– Je ne vous aurai jamais cru aussi sage, aussi traditionnel ! Plutôt le genre d'homme à femmes comme votre amusement pour le charme le laisse entendre. Combien d'enfants voulez-vous ?
– Vous êtes si étonnante ! D'habitude, les grandes femmes d'affaires me demandent combien j'ai de voitures ! J'ai l'impression de parler à une femme simple.
– Est-ce mal ?
– Non, au contraire. C'est tout à votre honneur. Vous êtes naturelle et c'est ce qu'il faut...
– Alors ? Combien ?
– Vous allez rire et ma femme aura peu de chance avec moi : 8, quatre garçons et quatre filles.
– Ah oui, c'est sûr que là, il y a du travail ! Vous avez déjà réfléchi à leur prénom ?
– Pour sûr ! Mais je les garde pour moi...
– Quel mystère... !
– Je vous l'ai dit : j'aime me faire désirer... Hum...Vous ne pensez pas que nous devrions commander pour pouvoir parler plus tranquillement ensuite ? Le pauvre jeune homme attend depuis déjà une bonne dizaine de minutes... »

J'éclatai de rire et Olivier appela le serveur pour lui faire part de notre commande. Je le laissai choisir notre repas. Bientôt, on nous apporta d'immenses plats garnis de mets raffinés et délicieux. Nous fîmes ainsi un festin de roi et nous parlâmes longtemps.

Je le découvris en tant qu'homme vrai et non artificiel, qui se donne des grands airs. Il se relâchait dans cette atmosphère et à vrai dire, moi aussi. Pourtant, nous ne nous quittions jamais du regard et nous étions captivés l'un par l'autre.

« Il est presque minuit !
– Déjà ?!
– J'ai une idée... Proposa-t-il. Vous seriez tentée par un hammam ou un sauna de minuit ? C'est dommage que nous n'ayons pas de maillot de bain, j'aurai bien piqué une tête dans la piscine, elle est très sympa paraît-il. Toute en ardoises...
– Je suis pour un hammam ! Ils doivent bien avoir des serviettes que l'on puisse emprunter. »

On continua alors notre soirée dans le hammam de l'hôtel et l'on put discuter tranquillement pendant encore une bonne demi-heure. Il m'obligea à le tutoyer et je le priai d'en faire autant. Ce fut très plaisant et on prit ensuite une douche pour nous retrouver dans la suite. Il alluma alors une chaîne hi-fi et je reconnus le duo de Mariah Carey et Luther Vandross, « Endless love ». Olivier s'avança jusqu'à moi et me prit par la taille pour me faire balancer doucement sur la musique. Il glissa ses doigts entre les miens et on se blottit l'un contre l'autre. Sa bouche était tout près de mon oreille et il fredonnait doucement l'air de la chanson.

« ... Two hearts that beat as one... »

Il releva la tête pour me regarder.

« Tu y crois, toi, à l'amour fou ?
– Je ne sais pas bien... Répondis-je rêveusement.
– Qu'est-ce qui t'en empêche ?
– Peut-être parce que je crains trop qu'on me fasse du mal si je tombe follement amoureuse de quelqu'un...
– Ah... »

Il approcha son visage du mien et continua à me fixer du regard.

« ... I hold you close in my arms, I can't resist your charms... »

Il rit doucement.

« C'est sûr que « je te tiens fermement dans mes bras et que je ne peux pas résister à tes charmes »... »

« ... My endless love... »

« Pourquoi ? demandai-je en jouant le jeu. Serais-je ton amour éternel ?
– Qui sait ? »

Je me suis demandée pendant un moment s'il allait profiter de ma torpeur pour m'embrasser. Mais non. Il me regardait et me cajolait comme si j'étais un bébé. On aurait dit qu'il ressentait plus une passion qu'un désir physique. Peut-être que moi aussi, puisque je ne l'embrassai pas non plus. Nous étions l'un contre l'autre et cela nous suffisait. Cet instant de partage fut tout à fait délicieux. Je n'étais plus seule, désormais.

Lorsque je fus trop épuisée, il me souleva, me porta dans ses bras comme un jeune marié et m'allongea dans le lit, sans que j'aie la force de protester. Cependant, il ne fit que me coucher, replier la couette sur moi et me border en déposant un gentil baiser sur mon front. Je souris doucement, mais m'endormis presque sur le champ, n'ayant avant cela que le temps de le voir se coucher dans le fauteuil en face du lit. Le matin, lorsque je me réveillai, il dormait toujours. Le voir ainsi était encore plus attendrissant que s'il eût été un nourrisson. Je le couvris avec une couverture et m'éclipsai en laissant un petit mot sur la table de la chambre.


« Merci pour tout. C'était formidable...
Je t'embrasse.

Scarlett. »

# Enviado em Sábado 25 Março 2006 00:59

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:39

3ème Chapitre : Compte-rendu de la méthode

3ème Chapitre : Compte-rendu de la méthode
Je sortis rapidement de l'hôtel et demandai un taxi, qui me ramena chez moi. Sur la route, je me remémorai toute ma soirée, si magnifique. J'avais l'impression d'avoir percé le secret le plus convoité du monde en découvrant le vrai c½ur d'Olivier. Contrairement à toutes les impressions que j'avais eues sur lui au début, il me semblait plus humain et plus naturel que n'importe quel autre homme. Je crois que c'est là que je me suis doutée que j'allais tomber amoureuse. Pourtant, sans me préoccuper de ce que l'avenir pourrait me réserver, je pris le téléphone et je composai le numéro de mon bureau.

« Gilles ?
– Oui, Madame ?
– Je ne viendrai pas au travail avant au moins 14h, alors je t'en prie, fais en sorte que je ne sois pas dérangée. Il faut que je dorme !
– Je dois filtrer tous les appels ou vous prévenir quand même si c'est Lena ou...
– Oui, elle peut m'appeler chez moi et, s'il appelle, ce qui est loin d'être sûr, Monsieur Richard a également cette permission.
– Monsieur Richard ? Olivier Richard ? Je croyais que...
– Garde-toi de croire, Gilles.
– Je suis content pour vous, Scarlett.
– Tu es comme Lena : tu mets la charrue avant les b½ufs !
– Ne vous inquiétez pas, ma bouche restera scellée. J'annule donc vos rendez-vous de ce matin et je filtre tous les appels sauf... C'est noté !
– Merci, Gilles. Je te dois une fière chandelle... »

Je dormis donc toute la matinée et me levai seulement à 13h pour manger. J'allai finalement au travail avec l'impression pénible d'avoir manqué quelque chose. En arrivant, je vérifiai mes dossiers, puis m'occupai ensuite de ceux de mon équipe de Charmets d'élite. Samuel venait tout juste de commencer une nouvelle mission sur une dénommée Armelle. Charlie, lui, sortait avec une Brigitte depuis peu et l'invitait le soir même. Dans chaque fichier, ils avaient précieusement tenu l'emploi du temps par rapport à la femme dite. Tristan sortait depuis deux semaines avec une Amelia, mais il avait mis presque un mois avant de la faire céder à ses avances ; il allait le lendemain à l'opéra avec elle. Eduardo s'était fait passé pour un capitaine de bateau-mouche et avait ensuite avoué à une Anne-Marine qu'il était mannequin, en la convaincant d'être un grand amour pour lui. Romualdo, lui, avait joué les musiciens au grand c½ur et était donc allé faire de la guitare en pleine place publique puis avait chanté devant la mission « Berthe » pour déclarer sa flamme. Le connaissant bien, il avait dû utiliser son parfum fétiche pour envoûter la dame. Ses méthodes étaient celles qui me faisaient le plus rire, surtout dans la manière dont il s'exécutait. Constantin avait prévu de faire une « première rencontre » avec Carine dans une petite bibliothèque de Paris, qu'elle fréquentait assez souvent. Je lus :

« Objectif du jour à suivre : la heurter si possible sans lui faire mal, ni se faire mal. Retenir son regard tout en ramassant ses affaires serait un parfait début... À voir. »

Une petite case en dessous n'attendait que d'être cochée.

Antoine s'occupait d'une Charlotte, Laury toujours de Lena après plus de trois mois et Terence d'une Rosanna.

J'examinai par la suite les anciens dossiers pour contrôler les résultats : mes Charmets avaient tous très bien travaillé, chaque mission avait conclu par un abonnement à mon night-club, une carte de fidélité et plus ou moins de parrainages. Ma méthode faisait florès... !

J'allai ensuite traîner à l'étage des stylistes pour jeter un coup d'½il à leur travail. Je les conseillais, leur disais ce qu'elles devaient corriger pour améliorer leur croquis en fonction des tendances de la nouvelle saison, tout en gardant naturellement le style Charmet. Elles m'en étaient toujours reconnaissantes : mes interventions les rassuraient, même si j'étais plus jeune qu'elles, la plupart du temps. J'étais pour elles un symbole, comme pour tout le monde dans ma boîte, parce que j'étais celle qui avait réussi.

# Enviado em Sábado 25 Março 2006 01:06

Modificado em Segunda 16 Julho 2007 08:14

3ème Chapitre : Cours de Charmettitude

3ème Chapitre : Cours de Charmettitude
À la fin de la journée, Lena vint me rejoindre et on rentra chez moi en voiture. Je lui racontai comment la soirée s'était passée et combien Olivier s'était montré attentionné. Ses yeux pétillaient autant que les miens tant elle était ravie par mon conte de fée !

« Quel goût ! Quel charme ! Quel homme ! s'exclama-t-elle à la fin de mon récit. Il n'a pas un petit frère, qui lui ressemble beaucoup ? Ça m'arrangerait bien... !
– Petite coquine ! En plus, tu as déjà Laury !
– C'est vrai que je n'ai pas trop à me plaindre... »

Lorsqu'on pénétra dans mon appartement, j'aperçus le répondeur clignoter. Il y avait deux messages.

« Bip ! Madame Scarlett, c'est Gilles. Tristan désirait vous voir tout à l'heure, il m'a dit que c'est urgent. Je lui ai proposé un rendez-vous demain à 14h30. Il m'a prié de vous assurer que ce ne serait pas long, mais que si l'horaire vous posait un problème, il vous verrait quand ça vous arrangera le plus. Sinon, j'ai reporté vos rendez-vous de ce matin à vendredi. Ni Lena, ni Monsieur Richard n'ont cherché à vous joindre. J'espère que vous avez bien pu vous reposer. Je vous souhaite une bonne soirée ! Au revoir ! »

Je notai rapidement ces informations sur un bout de papier.

« Bip ! Allô ? Francie, c'est Maman. Ton père et moi voulions savoir si tu serais disponible le week-end prochain pour un barbecue. Il y aura évidemment Martine et son mari, ainsi que Jeannine, Robert et peut-être Nathalie, ainsi que des amis de ton père et d'autres voisins. Réponds-moi vite, s'il te plaît ! Bonne soirée, ma chérie. »

Pas de messages d'Olivier... Lena et moi nous affalâmes sur le canapé, déçues.

« Tu sais, j'ai lu dans « Le journal de Bridget Jones » que si tu fais le 1471 tu peux savoir qui t'a appelé... Tu ne veux pas essayer ?
– Je crois que ça ne concerne que la Grande-Bretagne, puisque Bridget est anglaise... Je ne sais plus le numéro en France.
– Dommage... Alors on fait quoi ? On ne va quand même pas regarder la télé comme deux empotées ?
– Si tu veux, tu peux m'aider. J'ai une nouvelle collection en attente, il faut que je fasse de nouveaux modèles pour hommes.
– Aha ! Encore une histoire de sous-vêtements ? »

On s'installa sur la table du salon et l'on commença chacune de notre côté à faire des esquisses. Je lui donnai quelques conseils sur les techniques de dessin et elle me proposait des éléments à rajouter sur mes croquis pour qu'ils soient encore plus originaux ; ce qui était le plus étonnant, c'est qu'elle adhérait sans problème au style Charmet sans même le faire exprès ! Elle était même plutôt douée pour le dessin, ce qui rendait ses croquis plus convaincants. Évidemment, la difficulté pour elle fut de reproduire les patrons de sous-vêtements masculins, ce qu'elle n'avait jamais fait auparavant ! Cela nous fit rire un bon nombre de fois, car ses ébauches avaient parfois de drôles de formes, pas vraiment sexy !

Soudain, l'interphone sonna plusieurs fois. J'appuyai sur le bouton d'ouverture et sortis sur le balcon pour voir qui c'était. Je ne vis personne. Tant pis ! Puis ce fut la cloche de l'entrée.

« J'arrive ! »

Lena me jeta un regard interrogateur, auquel je répondis par un hochement d'épaules, signifiant que je ne savais pas non plus de qui il s'agissait. Je jetai un coup d'½il par le judas et aperçus alors Olivier. J'écartai la porte aussitôt et lui souris.

# Enviado em Domingo 26 Março 2006 09:14

Modificado em Segunda 16 Julho 2007 08:14

3ème Chapitre : Lena & Olivier

3ème Chapitre : Lena & Olivier
« Je peux entrer ? me demanda-t-il d'une manière faussement timide.
– Oui, vas-y. »

Je refermai derrière lui et me retournai immédiatement dans sa direction. Lena arriva vers lui et lui tendit la main en se présentant.

« Vous... Vous êtes s½urs ?
– Non, pas du tout !, répondîmes-nous en ch½ur.
– C'est ma petite protégée et ma future associée ! »

Je la pris dans mes bras et la serrai fort contre moi.

« Je suis enchanté de faire ta connaissance, Lena. Si tu es une bonne amie de Scarlett, il va falloir qu'on devienne complices tous les deux ! »

Il lui lança un clin d'½il et me regarda de bas en haut avec satisfaction.

« Je ne vais pas vous déranger trop longtemps...
– Mais non ! Restez donc dîner avec nous ! proposa Lena.
– Je ne sais pas si...
– Si, si. Reste donc, ajoutai-je. J'ai parlé de toi à Lena et elle aimerait te connaître davantage.
– Tu lui as parlé de moi ?!
– Oui... !
– Oh !... »

Il se tourna vers Lena.

« Et que t'a-t-elle dit à mon sujet ?
– Je pense que je ne dois rien dire, mais sachez que c'était surtout du bien.
– Alors elle n'a pas dit que du bien de moi ? »

Il me fixa du regard tandis que Lena fit diversion en me demandant si elle pouvait appeler sa mère de mon téléphone. Ce que j'acceptai bien sûr.

« Tu es sûre que tu ne veux pas que je te ramène ?
– Non, non, c'est bon... Elle viendra me chercher vers 22h, O.K ? »

Je savais très bien ce qu'elle mijotait et Olivier était ravi de son initiative. Elle se dirigea donc dans mon bureau pour téléphoner.

« J'espère que je ne contrarie pas vos projets pour ce soir... S'excusa-t-il.
– Nous n'avions pas vraiment de projets, en fait ! Nous aurions peut-être regardé un film, ou continué à travailler sur mes prochaines collections.
– J'ai donc bien fait de venir ! se vanta-t-il
– Lena va être contente de faire ta connaissance
– Parce que tu n'es pas contente de me voir ?
– Bien sûr que si, petit malin !... »

Il s'apprêtait à m'embrasser, lorsque Lena ressurgit. Il retint son geste, mais son attitude me promit qu'il remettait ce baiser seulement à plus tard.

On prépara le repas tous ensemble, ce qui fut une expérience très amusante, surtout avec Lena qui adore tous les mélanges farfelus ! Lorsqu'on passa à table, elle en rajouta et joua les petites charmeuses en lui posant toutes sortes de questions, aussi bien banales qu'indiscrètes.

« Vous avez donc 30 ans ? l'interrogea-t-elle.
– Oui, presque. Mais tu peux me tutoyer.
– OK ! dit-elle rapidement. Et tu n'as pas peur de finir vieux garçon ?
– J'ai encore un peu de temps...
– C'est ce qu'ils disaient tous... »

Elle me lança un clin d'½il et explosa de rire.

« Enfin, c'est sûr que d'après ce que j'ai entendu, tu es un « bon parti », donc tu devrais bien trouver une séductrice qui voudra ton magot !
– Lena ! protestai-je.
– C'est Scarlett qui t'a dit ça ?
– Oh, non ! Mais je suis sûre qu'une femme comme cette Sophie Grandier est bien de ce genre. En plus, tu es sortie avec elle, n'est-ce pas ?
– Oui...
– Pourquoi vous êtes-vous séparés ? C'est elle qui en a décidé ou c'est toi ?
– Lena, tu as bu combien de verres de vin ?
– C'est bon, OK, ça va... J'ai compris ! se plaignit-elle. »

Olivier éclata de rire à son tour.

« Ce n'est pas grave, Scarlett. Je la trouve pleine de vie et d'humour !
– Un peu trop, justement...
– C'est pas comme certaines... répliqua-t-elle en me tirant la langue.
– Tu ne m'as pas dit que Laury t'emmenait à l'opéra bientôt ? Qu'allez-vous voir ? la coupais-je.
– Othello de Verdi. J'espère que ce sera bien, parce que sincèrement c'est pas mon fort l'opéra. Mais Laury dit qu'il faut toujours élargir ses horizons et je suis d'accord avec lui, donc j'ai accepté sa proposition...
– C'est très bien, je trouve.
– Oui, c'est intéressant... Mais ce n'est pas ma priorité quand je suis avec mon petit ami ! Non ?
– Si, je te comprends parfaitement... Affirma Olivier.
– J'aimerais bien pouvoir passer une soirée romantique avec lui, danser sur un joli slow, dîner aux chandelles... »

Je lui fis les yeux noirs, mais Olivier m'observait, alors je lui donnai un coup de pied sous la table. Elle laissa échapper un petit cri et me reprocha du regard de l'avoir frapper. Puis elle s'excusa et sortit de table juste après. On l'entendit monter sur la mezzanine. Son absence nous plongea dans le silence.

« Lena est vraiment adorable... Reprit Olivier.
– N'est-ce pas ? dis-je avec enthousiasme. Je suis très fière d'elle ; on s'est rencontré une fois dans la rue, parce qu'elle croyait que je l'espionnais et plus tard, on s'est revu à mon magasin parce qu'elle sortait avec Laury, un de mes mannequins. C'est fou comme la vie peut-être farfelue ! Elle est revenue me voir pour que je la conseille et après cela, on est devenues inséparables. Elle vient très souvent ici ou à mon magasin, dès qu'elle peut.
– Quel âge a-t-elle ? 18 ans ?
– Non, bientôt 16. Elle a deux ans d'avance, donc l'an prochain elle va faire une prépa commerciale et travaillera en tant que stagiaire dans mon entreprise. Elle est très douée...
– Je n'en doute pas et puis, elle me fait beaucoup penser à quelqu'un... Elle prend modèle sur toi, c'est évident.
– Peut-être... »

Elle redescendit et l'on finit notre repas tranquillement.
Les phares d'une voiture nous signalèrent bientôt que sa mère était arrivée. Elle pris son sac, salua Olivier et vint m'embrasser avant de partir.

« Merci ! C'était très sympa ! Comme d'habitude !
– Je suis désolée pour le coup de pied, je te revaudrais ça ! lui chuchotais-je.
– Ce que tu viens de dire n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde ! »

Elle me fit un clin d'½il et s'éclipsa en criant « Ciao ! »

# Enviado em Domingo 26 Março 2006 09:23

Modificado em Segunda 09 Julho 2007 11:39

2ème Chapitre : Application concrète de la dite méthode

3ème Chapitre : Un comportement étrange
Le lendemain, Gilles se rendit à son rendez-vous. Il fut surpris de la découvrir sous un nouveau jour, plus ouverte avec lui et avec elle-même. Évidemment, elle avait encore un peu honte de sa propre personne, car l'assurance ne vient pas toute seule. Il faut s'y habituer et se forcer à être plus sûr de soi. Aussi, les barrières qu'elle s'imposait s'effacèrent petit à petit, au fur et à mesure que sa relation avec Gilles la rassurait. D'ailleurs, leurs liens se resserraient énormément ; Gilles l'a trouvait fabuleuse qu'il aurait presque pu tomber amoureux d'elle. « Je vais finir par être bisexuel ! Elle est incroyable ! Si cultivée et si douce ! » m'avait-il dit une fois au téléphone, après l'avoir raccompagnée chez elle.

Telle qu'il me la décrivait, je savais qu'elle était en fait comme je l'avais pressentie. Mais elle se cachait encore : elle n'avait pas encore osé venir au magasin Charmet, ce qui prouvait que le cap du changement de look mettait plus de temps que je n'aurais pensé. Pourtant je l'y attendais de pied ferme, avec beaucoup de patience.

Ce que je trouvais très amusant, c'est que Gilles l'appelait plusieurs fois pour prendre de ses nouvelles, comme un homme fou amoureux de sa femme. Tout se passait merveilleusement bien entre eux et enfin, elle se décida à venir au magasin. Elle demanda à voir Gilles, qui bien sûr était à l'entreprise et non à la boutique. Par chance, j'étais sur place. Je la reconnus tout de suite, bien que son bonheur lui eût changé l'expression du visage. Je me chargeai d'elle sur le champ.

« Lucie ? C'est donc vous ! Gilles m'a tellement parlé de vous ! »

Elle se retourna vers moi, surprise.

« Vous êtes sa meilleure amie, c'est cela ?
– Oui et sa patronne. »

Je baissai d'un ton.

« En tant que proche de Gilles, si vous voulez, je me ferais un plaisir de vous faire quelques réductions sur mes collections.
– Oh ! C'est très gentil... J'admire beaucoup votre travail, vous savez.
– Merci... ! Pardonnez-moi de vous faire attendre, je vais prévenir Gilles. Regardez donc s'il y a quelque chose qui vous plaît pendant ce temps. »

C'est ce qu'elle fit. Évidemment, sa tête changea quand elle vit le prix derrière l'étiquette. Mais j'avais bien prévu le coup. Je téléphonai à Gille pour qu'il rapplique rapidement.

« Elle est là ?
– Oui, elle regarde les robes.
– J'arrive tout de suite ! »

Dix minutes plus tard, il était là. Il passa par l'entrée réservée au personnel et me rejoignit dans les bureaux du magasin. Nous nous dirigeâmes ensemble vers elle, pourtant, je retins Gilles.

« Compte jusqu'à 100. Ensuite tu pourras venir. J'ai une chose à lui dire. »

Je retournai jusqu'à elle.

« Gilles arrive bientôt. Oh ! L'Ensoleillée Bourgeoise vous intéresse ? Je pense qu'elle vous irait à ravir ! Vous ne voulez pas la prendre ? Vous seriez ravissante comme cela pour sortir avec Gilles.
– Oh... Oui, elle est très belle, mais malheureusement elle n'est pas trop dans mes moyens...
– Voyons, il fallait me le dire plus tôt ! »

Je sortis de ma poche une étiquette « -50% » et la signai.

« Voilà qui fera l'affaire ! Mais vous ne souhaitez pas l'essayer ? Oh, chut ! Gilles vient par là ! Il faudrait lui faire la surprise ! »

Je lui fis un clin d'½il et nous accueillîmes Gilles à son arrivée. Il la prit dans ses bras et je les laissai seuls un instant. Il était chargé de lui dire qu'il avait trop de travail pour le moment et qu'il ne pouvait pas rester avec elle cet après-midi. Bien sûr, pour se rattraper, il ajouta qu'ils se verraient de toute façon le lendemain et qu'il lui promettait aussi de l'appeler dans la soirée. Je devais prendre le relais derrière et m'occuper d'elle. Alors, lorsqu'il s'éloigna, j'avançai vers elle avant qu'elle ne m'échappe.

« Alors ? Toujours d'accord pour la robe ? »

Séduite par la beauté de la robe, elle l'essaya sur mon conseil. Naturellement, elle lui alla à merveille. Sans même lui demander son accord, je l'emmenai au salon de coiffure et lui fit faire de belles boucles accrochées par de jolis petits bijoux, ainsi qu'un maquillage léger qui mettait en valeur ses yeux. Je prenais soin de toujours lui demander si ça lui plaisait et si je sentais qu'elle disait simplement oui par gentillesse, je recommençai, tant et si bien qu'elle m'avoua complètement le fond de sa pensée. La véritable personne qui se cachait au fond d'elle se dévoila finalement. Comme dans les films, elle avait l'air d'une princesse au beau milieu d'un rêve...

Je fus très fière de mon travail et encore plus de la voir aussi heureuse d'elle-même. Elle n'était visiblement pas encore capable de s'émanciper du regard des autres, mais la découverte de sa propre beauté l'avait bouleversée et avait également provoqué de grands progrès dans son esprit. Avant de partir du magasin, elle me remercia mille fois, un sourire rayonnant sur le visage et les bras chargés de paquets.

Lorsque Gilles débarqua à l'improviste le soir même chez elle, il fut agréablement estomaqué par la transformation de Lucie. Dès qu'il sortit pour rentrer chez lui, il s'empressa de m'appeler pour me féliciter :

« Vous avez fait des merveilles, Madame Scarlett. Que Dieu vous bénisse ! »

# Enviado em Segunda 27 Março 2006 06:31

Modificado em Segunda 16 Julho 2007 08:14