– Palace, ma chérie. Et pour répondre à votre question, non, je ne suis jamais venu ici auparavant. Je préfère, quand je suis à Paris, dormir chez moi ! Mais j'ai déjà fait quelques séjours dans des palaces 5 étoiles du reste du monde...
– Vous avez hérité de l'empire et de la fortune de votre père ou grand-père pour vous permettre des escapades de ce genre ?
– De mon arrière-grand-mère en fait. Elle a fait beaucoup d'investissements immobiliers qui ont fructifié. Elle est décédée, il y a cinq ans, alors qu'elle était âgée de 117 ans ! Elle me considérait comme son digne et unique héritier, puisque j'avais fait des études importantes dans les finances sur son conseil et qu'elle m'adorait. Elle a donc décidé de me léguer tout ce qu'elle possédait. Mon grand-père a disparu avant elle, mais ses autres garçons et filles ont crié au scandale quand le notaire a donné les v½ux de son testament. Ça a beaucoup faire rire ma mère qui savait que je suivrais ses traces. Et vous voyez, j'avais 25 ans quand j'ai commencé les affaires, presque comme vous. Le plus tôt est le mieux, c'est certain.
– Je suis épatée ! Et que comptez-vous faire de votre vie de château ?
– Oh ! Mais je reste un homme simple, vous savez ! Je souhaite seulement trouver une femme et avoir des enfants. Pour le reste, je gère la situation.
– Je ne vous aurai jamais cru aussi sage, aussi traditionnel ! Plutôt le genre d'homme à femmes comme votre amusement pour le charme le laisse entendre. Combien d'enfants voulez-vous ?
– Vous êtes si étonnante ! D'habitude, les grandes femmes d'affaires me demandent combien j'ai de voitures ! J'ai l'impression de parler à une femme simple.
– Est-ce mal ?
– Non, au contraire. C'est tout à votre honneur. Vous êtes naturelle et c'est ce qu'il faut...
– Alors ? Combien ?
– Vous allez rire et ma femme aura peu de chance avec moi : 8, quatre garçons et quatre filles.
– Ah oui, c'est sûr que là, il y a du travail ! Vous avez déjà réfléchi à leur prénom ?
– Pour sûr ! Mais je les garde pour moi...
– Quel mystère... !
– Je vous l'ai dit : j'aime me faire désirer... Hum...Vous ne pensez pas que nous devrions commander pour pouvoir parler plus tranquillement ensuite ? Le pauvre jeune homme attend depuis déjà une bonne dizaine de minutes... »
J'éclatai de rire et Olivier appela le serveur pour lui faire part de notre commande. Je le laissai choisir notre repas. Bientôt, on nous apporta d'immenses plats garnis de mets raffinés et délicieux. Nous fîmes ainsi un festin de roi et nous parlâmes longtemps.
Je le découvris en tant qu'homme vrai et non artificiel, qui se donne des grands airs. Il se relâchait dans cette atmosphère et à vrai dire, moi aussi. Pourtant, nous ne nous quittions jamais du regard et nous étions captivés l'un par l'autre.
« Il est presque minuit !
– Déjà ?!
– J'ai une idée... Proposa-t-il. Vous seriez tentée par un hammam ou un sauna de minuit ? C'est dommage que nous n'ayons pas de maillot de bain, j'aurai bien piqué une tête dans la piscine, elle est très sympa paraît-il. Toute en ardoises...
– Je suis pour un hammam ! Ils doivent bien avoir des serviettes que l'on puisse emprunter. »
On continua alors notre soirée dans le hammam de l'hôtel et l'on put discuter tranquillement pendant encore une bonne demi-heure. Il m'obligea à le tutoyer et je le priai d'en faire autant. Ce fut très plaisant et on prit ensuite une douche pour nous retrouver dans la suite. Il alluma alors une chaîne hi-fi et je reconnus le duo de Mariah Carey et Luther Vandross, « Endless love ». Olivier s'avança jusqu'à moi et me prit par la taille pour me faire balancer doucement sur la musique. Il glissa ses doigts entre les miens et on se blottit l'un contre l'autre. Sa bouche était tout près de mon oreille et il fredonnait doucement l'air de la chanson.
« ... Two hearts that beat as one... »
Il releva la tête pour me regarder.
« Tu y crois, toi, à l'amour fou ?
– Je ne sais pas bien... Répondis-je rêveusement.
– Qu'est-ce qui t'en empêche ?
– Peut-être parce que je crains trop qu'on me fasse du mal si je tombe follement amoureuse de quelqu'un...
– Ah... »
Il approcha son visage du mien et continua à me fixer du regard.
« ... I hold you close in my arms, I can't resist your charms... »
Il rit doucement.
« C'est sûr que « je te tiens fermement dans mes bras et que je ne peux pas résister à tes charmes »... »
« ... My endless love... »
« Pourquoi ? demandai-je en jouant le jeu. Serais-je ton amour éternel ?
– Qui sait ? »
Je me suis demandée pendant un moment s'il allait profiter de ma torpeur pour m'embrasser. Mais non. Il me regardait et me cajolait comme si j'étais un bébé. On aurait dit qu'il ressentait plus une passion qu'un désir physique. Peut-être que moi aussi, puisque je ne l'embrassai pas non plus. Nous étions l'un contre l'autre et cela nous suffisait. Cet instant de partage fut tout à fait délicieux. Je n'étais plus seule, désormais.
Lorsque je fus trop épuisée, il me souleva, me porta dans ses bras comme un jeune marié et m'allongea dans le lit, sans que j'aie la force de protester. Cependant, il ne fit que me coucher, replier la couette sur moi et me border en déposant un gentil baiser sur mon front. Je souris doucement, mais m'endormis presque sur le champ, n'ayant avant cela que le temps de le voir se coucher dans le fauteuil en face du lit. Le matin, lorsque je me réveillai, il dormait toujours. Le voir ainsi était encore plus attendrissant que s'il eût été un nourrisson. Je le couvris avec une couverture et m'éclipsai en laissant un petit mot sur la table de la chambre.
« Merci pour tout. C'était formidable...
Je t'embrasse.
Scarlett. »




